mardi, juillet 27, 2021

"La lumière des Césars", en librairie dès à présent.

 


Pour changer, je ne vous ai pas « offert » un opus autofictif. Pour une fois, je suis allé chercher plus loin, au pays des songes et de la vérité fabuleuse, cette autre réalité qui brille obscurément dans l’angle mort. Peut-être ne me suis-je jamais tant livré ; connaissez-vous le code ? Prenez et lisez, vous jugerez sur pièce.

Le récit est duel, ici et ailleurs mais où se trouve l’« ailleurs » ? Une galaxie ? une dimension ? un songe ? l’orientation d’une narration ? Il y a Steeve et Steve, genre le revers et l’avers d’une même pièce ; il y a aussi Alpha et Oméga. Deux états différents, allez savoir lequel est le bon ? Alpha, c’est ici-bas. Oméga n’est pas mieux mais dans un autre genre. Steeve y accède en prenant les commandes de Steve, quasi de la possession vaudou. En Oméga, la vie est tellement plus « Mitteleuropa », un univers hybride entre un opus de la série des Sissi et un épisode d’Hercule Poirot avec David Suchet dans la peau du détective belge. Ce n’est pas Art Déco mais Wiener Werk ou Secession. Voilà pour le décor.

L’intrigue ? Y a-t-il une intrigue ? Où court donc Steeve ? après la proie ou l’ombre ? Sait-il seulement ce qui lui arrive ? Il est ballotté d’une conspiration à l’autre, d’un système de valeur à la résolution d’un problème fantastique. Il est le héros qui ne connaît même pas les tenants et les aboutissants de la tragédie à laquelle il est sensé participer. Il n’est sûr que d’une chose : il est né en Alpha, son corps est coincé en Alpha mais il appartient à Oméga. Serait-il le jouet d’une instance malveillante ou l’instrument d’une sorte de … remise à zéro ?

« La lumière des Césars » est un texte que je porte depuis de longues années. Le hasard et des contretemps indépendants de la volonté de mon éditeur ont voulu qu’il sorte maintenant, en pleine non-guerre entre la liberté, la démocratie, toute notre bonne vie en style fin XXème et des puissants qui n’existent pas même s’ils existent mais ce  n’est pas du tout ce que l’on croit. Ma dernière publication est tout de même mieux ficelée. Les faits y sont tout aussi nébuleux mais il y a de l’action, une enquête policière, une révélation, un coup de théâtre, un retournement et un bref épilogue métaphorique, pour vous préparer à la suite.

Je porte donc ce récit depuis si longtemps que je n’arrive pas encore à me faire à l’idée qu’il existe, en un peu moins de 300 pages, avec sa couverture néo Art Déco, la deuxième et la troisième de couverture et leurs abattants illustrés, de la main de l’éditeur, deux scènes de rue en miroir, Alpha-Oméga. J’ai relu les épreuves, à plusieurs reprises, chasser la coquille, le contre-sens, l’approximation. Je n’arrive pas à lire le livre, les mots se dérobent, il ne m’appartient déjà plus.

Je souhaite que Steeve vous emmène aussi loin qu’il m’a déjà emmené, vers ces ailleurs en merveilles assourdies, un magasin de décours ou la coulisse de l’inconscient collectif ? A moins qu’Oméga n’existe vraiment, j’en aurai rendu compte par hasard, par inspiration ou par divination ?


« La lumière des Césars », éd. Hélice Hélas, 290 p., 24.-

lundi, juin 21, 2021

Anonymous - Chapitre 3

Dans le sommeil, on n’a pas besoin d’être cohérent, d’être « discursif », on peut être soi et un autre … soi. Saloperie de soma. Et rien que le nom me dit quelque chose. Mon frère s’est endormi, à côté de moi, le poids de son corps, la présence magnétique de sa personne, je la ressens intuitivement, et au-delà du sommeil, là où je redeviens un type de quarante ans, avec toute sorte de désirs que je ne comprends pas clairement. Je suis dans des maisons, des villages d’alpage, dans des téléphériques aux cabines larges comme une chambre, dans des stations de métro, auprès de personnes, de garçons, leurs visages si proches. Et le type de quarante ans que je suis n’est pas emprunté. Je ne suis pas emprunté. Je suis heureux, qui ne le serait pas, après avoir retrouvé ses seize ans, et quelle adolescence ! « Attendez, je vous montre, et j’arrive à faire ça – et une pirouette, souple élégante. En vérité, je vous le dis, avec l’âge, nous ne perdons pas nos possibilités physiques, nous perdons le mode d’emploi, comme la communication avec nos pieds, nos jambes, nos bras ! On se laisse déposséder de soi. « Il y a un brun qui sourit, un grand type de vingt ans, j’ai fait mon numéro, ça marche, une main amicale sur son épaule. C’est vraiment cool, belle soirée. Je refuse un verre, un minimum de sérieux, tout de même. Finalement, le brun me rattrape, me propose une bière, j’accepte. Il me parle de rêves, de l’impression qu’ils laissent au réveil. Je n’ai pas de position « théologique » sur le sujet, je m’aperçois, pour moi, que quelque chose m’échappe. Il y a le gamin de seize ans que j’étais la nuit passée mais j’ai l’impression qu’il y en a un autre, une homme un peu plus vieux, quelqu’un de proche, alourdi de secrets ou de révélations foireuses. Je n’aurai pas dû prendre de bière, ça ne me convient pas, je manque d’entraînement … Je me verrai bien donner la Communion à la bière !? Je perds un peu le fil. Le brun me demande si ça va ? « Tout va très bien, merci ». J’invente une histoire de sermon sur lequel je travaille. Le mec se marre. Il avait, un peu, oublié que j’étais le curé de la paroisse. J’aime son sourire, j’aime tous les sourires, mais j’aime particulièrement le sien. Il deviendra un homme magnifique, j’en suis sûr, pas un de ces vantards qui roulent des mécaniques et prennent du ventre sitôt coincés dans une histoire. Les gens se trompent lorsqu’ils imaginent la religion triste. Dieu aime la beauté, comme le diable, mais il l’aime sans apprêts, sans mise-en-scène. Le Christ était beau, je le sais. Robin se détourne après m’avoir offert à nouveau un sourire. C’est  tellement cliché : le curé et une jeune mec, tellement facile à mésinterpréter, et les potes de Robin de lui crier « alors ? t’as fini de jouer à Batman … » Rires. Un peu facile mais je souris aussi. Personne ne le voit ; je file à grands pas et laisse la villa Sarasin derrière moi. Je m’esquive par le parc, je vais slalomer à travers les rues calmes du Petit-Saconnex, la jolie banlieue mixte  et, miracle, heureuse. J’espère revoir Robin à la messe. Peut-être sera-t-il frappé par les mêmes choses que moi, le rapport au disciple préféré, le plus jeune, le plus colérique, le plus beau. « Femme, cet homme sera désormais ton fils » ; « … désormais cette femme sera ta mère » ; « … je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri … ». Ça saute aux yeux pourtant ! Il y a encore ces histoires de sang, de filiation mystérieuse, de communauté de garçons, et Marie-Madeleine, et Lazare qu’Il aimait.  Ce n’est pourtant pas ce que l’on croit. Je sais qu’Il attend, sous le dôme de la chapelle, sous la rosace en étoile, Il attend des garçons comme Robin, de beaux garçons capables de convertir les foules, des garçons capables de séduire les femmes et de comprendre leur désir, des mères qui transmettront leur amour du Christ à leurs enfants. Je n’aurai pas dû prendre cette bière, c’est là que je me dis que je ne suis pas seul, l’autre type plus vieux, émerveillé et inquiet … éveillé et inquiet serait plus juste. Ce n’est pas Toi, Seigneur, ce n’est pas l’autre, c’est un homme qui vient bien avant moi, un homme qui a besoin de moi ! Ses prières sont venues jusqu’à moi ?! Il y a la légèreté d’une après-midi d’été autour de lui, et de la musique, Chopin … Schönberg voire Debussy. Il n’est pas très éloigné du gamin de seize ans, le danseur que j’ai trouvé en moi à mon éveil … Hé, voilà exactement le genre de choses qui plairaient à la presse poubelle : «  Le prêtre s’est réveillé avec un gamin de seize an en lui ! » Je suis un Deus joculator, un saltimbanque, un dominicain et je viens à toi mon Aimé, je vais m’arrêter un instant sur ce banc, quelques minutes, derrière Ta maison, le parc où parfois, dans la pénombre, si près de Toi, s’étreignent de jeunes couples, quelques soupirs étouffés, froissement de vêtements. Je n’aurais vraiment pas dû prendre cette bière, certainement un mauvais coup des gamins, je n’étais pas visé mais Robin, il m’a passé son verre, il n’y avait pas encore touché, MDMA, ou un truc du genre. Je vais commencer par dormir un peu, juste cinq …

lundi, février 08, 2021

Anonymous - Chapitre 2

 

J’ai peut-être pris un coup ? A faire le con comme ça, j’ai sauté et me suis ramassé. Je me suis tapé la tête et suis devenu partiellement amnésique ? Je demande à Anubis, le chien, Lou’. Il me regarde de coin. Je vais garder ça pour moi. Ma mère a encore insisté, à table, et m’a tendu un comprimé, ne pas oublier de le prendre, Changical, le soma. Ça me dit quelque chose ce mot ?! J’ai déjà entendu ça quelque part. Je recommence à danser, des pas contraints, quelques figures esquissées, tout est pourtant si clair sous les mots, évident. Lou’ danse avec moi. La fenêtre est ouverte, la rue calme, « étonnement », pourquoi voudrais-je dire « étonnement » ?  Ça ressemble à l’une de ces belles soirées comme dans les films … oui, les films, des vieux trucs où l’on chante, on danse, des « musicals ». Je ne veux pas, ne dois pas sortir, pas maintenant. Je le sais comme le reste, un petit frère, un frère du moins. Je débarrasse la table, chaque chose trouve sa place, naturellement. Je remplis le lave-vaisselle et tourne les talons vers ma chambre, comme le font tous les gamins de seize ans. Je partage ma chambre avec mon frère, un grand frère finalement, par l’âge, la taille peut-être mais je sais que, avec maman, on s’inquiète beaucoup … Je ne me rappelle pas ce que j’ai mangé, j’ai des problèmes de mémoires ? mon problème d’amnésie traumatique ? Je n’ai pas beaucoup  mangé, il n’y avait pas grand’chose sur la table ; il y a quelque chose de contraint, partout, autour. Pour mon frère, soit, c’est un petit frère lorsque je suis le mec de 40 ans. Il occupe le lit de droite, une affiche à la tête du lit, de la propagande politique, un truc du genre « Travail, Patrie, Famille » ou « franc, fort, fier, fidèle », ça se voit dans les drapeaux, le regard droit des jeunes gens, les uniformes. C’est un projet séduisant et simpliste mais moi je veux danser, même le ventre vide. Lou’ est monté tout naturellement sur mon lit, au-dessus, un poster aussi, Barichnikov attrapé lors d’un bond phénoménal. Danser n’est pas interdit ; la prouesse physique reste appréciée mais … il y a un mais, le monde est trop triste pour accepter la jubilation, la libération des corps, le dépassement physique. J’attends le retour de mon frère parce qu’il doit me conduire à mon cours, une petite association, un hangar en banlieue, une salle de danse improvisée, le système D semble être devenu la règle, à part pour tout ce qui touche le parti unique. En banlieue, il y a aussi le centre Changical, un lieu de réunion et de divertissement pour les membres du parti, les aspirants et tous ceux qui pourraient douter, qui ont peine à s’adapter. Mon frère sait conduire et il utilise la voiture que notre père a laissée. Est-il mort ou nous a-t-il abandonnés ? Mystère. Son évocation est le tabou familial ultime. Ne pas faire de peine à notre mère. Je sais que j’ai compris des choses … crois les avoir comprises mais quoi ? En préparant mon sac, je sens passer une inquiétude fugace, un truc que je n’ai pas réussi à attraper. Ç’a à voir avec le sac ou approchant. Je ne sais pas quoi, rien d’irrémédiable, je reste préoccupé. Et mon frère est un sale con ? Je vais monter dans « sa » voiture, je dors à côté de lui, je fais tout à la maison, je lui obéis pourquoi ? contre quoi ? Les questions ne mènent à rien, je vais attendre qu’il soit devant moi, je verrai bien. Je ne veux pas l’inquiéter, lui non plus, rapport à mon problème de cervelet, et le mec de quarante ans qui attend derrière la cloison, à peine une couche de méninges entre ma conscience et lui.

 

La véritable aventure n’est pas là, elle se tient dans … les heures, leur plénitude, leur succession, quelles que soient les circonstances. Même ici, à seize ans ou plus, ça tient à des riens, le jeu de la lumière dans le séjour, le bruit de la porte d’entrée, des clefs que l’on dépose sur un meuble. Mon frère se tient debout, Lou’ court vers lui mais ce ne sont que des détails, la vie banale, la vérité est ailleurs, c’est une affaire de temps et d’équilibre, c’est le regard clair et quelque chose de plus que …, la physionomie de mon frère, un mec de trois-quatre ans mon aîné, stable sur ses jambes que je sais puissantes, infatigables, et ce quelque chose de sûr qu’il affecte, une pose mais je ne lui en veux pas, jamais. C’est peut-être le soma qui me rend aussi « présent au monde ». Je sais que c’est une impression que je porte sur moi, comme un parfum, à chaque fois que je sors du cinéma. Mon frère m’attrape par l’épaule, « grouille » ; la main est aussi puissante que les jambes. Il n’y a rien chez lui que je voudrais ignorer. Et pourtant … Nous ne parlons pas dans la voiture. J’ai un sac à mes pieds, je l’ai rempli sans trop savoir, mes mains en savent autant que mes pieds, et le reste de ce corps aussi. On ne roule pas longtemps ; Jimmy, mon frère, me dit qu’il hésite à les rejoindre, à devenir membre des jeunesses du parti. Il ne me demande pas mon avis, il en parle comme s’il voulait me convaincre. Je voudrais, à l’instant, être l’homme de quarante ans que je ne suis pas, je voudrais être il y a quelques heures de cela, dans la forêt avec le chien. Je n’ai rien perdu du bien-être de cet instant, c’est une affaire de plénitude mais que sait-on de la « plénitude » à 16 ans. Je sais que ça m’arrive en fin de répétition, quand je projette dans une pirouette fouettée ou un grand jeté ma sueur avec mes membres et que l’espace semble m’obéir. Cela dure le temps d’un saut. Dans la forêt, c’était plus long, plus diffus, plus « sensuel » peut-être. Encore un effet du soma, faire oublier les difficultés de la pénurie générale, « une tenue impeccable : la meilleure  réponse aux restrictions » proclame une « publicité » collée à même le mur d’un hangar derrière moi, et c’est vrai, tout est propret, quasi pas de poubelles. « Je passe te chercher après ton entraînement » m’a lancé mon frère, le hangar est un studio de danse, je salue mécaniquement des garçons, des filles alors que j’entre dans le bâtiment. Une lumière rosée se répand derrière le complexe de divertissement, un multiplexe Changical , une enseigne en néons de couleur, une enseigne d’une police de caractère rétro. J’observe la vue depuis une fenêtre du vestiaire, j’observe comme si je ne voyais pas vraiment, j’observe comme si on me racontait la vue. « Je ne suis pas moi ?! » à peine susurré, et la crainte d’avoir été entendu. Ce soir, on répète « Come, gentle night », une création du directeur de notre troupe. On pourra peut-être le jouer à côté, à l’occasion de la grande soirée des « Mérites du sport ». Arthus, le directeur, dit que ça ne vaut pas la scène d’un opéra. Il semble gêné de ces quelques mots, il enchaîne sur mon solo, je vis ! je suis le vent dans les hautes herbes, je suis l’émotion qui éclate en petites bulles dans la gorge, je suis un interprète de seize ans et je vaux les danseurs de vingt, vingt-cinq ans qui m’entourent sur scène. Arthus sourit mais il est à la fois triste ; je pourrais être lui quand j’ai quarante ans, quand je suis l’autre, celui qui fait de moi un gamin génial et je termine mon solo, j’ai mal, un truc dedans qui me fait me plier en deux plus encore que l’essoufflement. J’ai envie de trucs bizarres, alcool fort et fumée, et j’ai déjà entendu ça ailleurs : soma. Ça me rappelle … ? et je bute sur un souvenir effacé, il y a aussi la promenade en voiture, je descends sur une place, de la circulation, un grand magasin d’alimentation asiatique, en gros et détail, trois étages … Je suis sûr que c’est cette merde que l’on est obligé de prendre.

samedi, janvier 30, 2021

Anonymous - Chapitre 1


Le texte qui va suivre dans ce billet et les prochains a été écrit en 2017-2018. Sa rédaction s'est imposée à moi un matin, après m'être réveillé d'un rêve long et dense. Je n'imaginais absolument pas ce que pourrait être 2020 ni les années qui suivront.

Je suis un homme dans la quarantaine, plutôt heureux avec lui-même, dans l’instant, exact. Je m’apprête à rentrer chez moi. J’ai profité du beau pour sortir le chien, un vallon en proche périphérie, une modeste rivière et la luxuriance d’une végétation de sous-bois. J’en ai pour dix minutes avant de rentrer. J’ai une main dans la poche. De l’autre, je tiens la laisse, le chien est détaché, il court devant moi, il furète dans les grandes herbes. J’entends clairement le flux de l’onde. Je porte un pantalon beige, des baskets de toile. Je n’ai pas un très grand chien, 20 cm au garrot, 40 de long, un terrier couleur feu, de grandes oreilles de fennecs. Je suis bien, je me sens bien, détendu, heureux en dépit de … Un petit problème, du genre la tapisserie qui décolle …Je sens le rythme, un groove qui me caresse l’intérieur, une façon d’être au monde. Pour en revenir au problème … j’attache le chien, nous arrivons au début d’une rue, j’attrape la moitié de mon reflet dans une glace, une épaule, bien dessinée sous l’étoffe d’une chemise à carreaux, genre écossais, du bleu, du vert, un filet rouge, je ne cherche pas plus loin, il y a peut-être un problème avec mon reflet ; il y a un problème, c’est certain.

 C’est fou ce que j’étais bien au bord de la rivière, le soleil, le silence et cette bonne odeur que je sens sur mes doigts, le parfum même du soleil. J’aurais dû rester encore mais je devais rentrer. Pourquoi au fait ? J’appelle le chien, « Lou’ », il lève l’oreille, me rejoins, je l’attache, « C’est cool … » quoi exactement ? Je connais le nom de mon chien ?! On se rapproche du problème mais ça n’en est pas un, je le sens, au fond de moi, tête ou ventre, je sais que je suis habitué, abonné à ce genre de truc, et j’ai passé un bel après-midi. Le soleil se reflète sur les vitrines, un rien aveuglant, j’adore ce type de « décors », il n’y a pas mieux pour commencer à se raconter des histoires ; avec les quelques heures au bord de la rivière, ça fait déjà une amorce, ou un prologue, pourquoi s’embarrasser avec un problème ! Quel problème ? Lou’ trottine devant moi, durant 2-3 minutes, il a l’air de connaître le chemin, ça en fait un , au moins … d’où le problème. Je sais que je ne souffre pas de trouble de la mémoire ou d’histoires d’Alzheimer … Je n’arriverai toutefois pas à dire ce que je faisais exactement au bord d’une rivière, cet aprèm’, et quelle rivière ? quelle ville ? Lou’ me regarde ; je ne perçois pas le message de son regard. En fait, je ne sais absolument pas ce que faisais avant la balade au bord de la rivière. Je suis un homme dans la quarantaine qui n’ose subitement plus regarder ses mains ou toucher son visage … Mes pas me guident, je suis dans une logique, je ne suis ni inquiet, ni perdu … je ne sais pas qui je suis au juste. Il y a l’homme de quarante ans, il y a quelqu’un d’autre encore. Je profite d’une vitrine pour me regarder, franchement, et découvrir que je suis un gamin, de 16 ou 17 ans, ou à peine plus. Lou’ revient vers moi, me gratte la jambe, s’arc-boute, c’est … plaisant cette « jeunesse ». J’ai vraiment fait une belle promenade. Je dois être un type dans la quarantaine et le corps d’un grand ado, pas de quoi s’énerver. Je ne suis pas forcément pour de bon le quadra que je sentais être, pas plus que le presqu’adulte qui avance en dansant avec son chien, un truc que ces pieds-là savent faire. Je sais qu’il n’y a pas que de la joie et de l’insouciance autour de moi. Ce n’est pas une « visite » d’agrément que je suis venu faire, quelque chose de plus fondamental quoiqu’il faille se méfier des grands mots, les jappements de Lou’ sont bien plus clairs. Il pense qu’il est heureux … il pense : « Je suis heureux ». Je suis « un » et le bonheur tient dans la réalité de cette lumière, ce soleil, ne pas se laisser démultiplier dans les replis du récit. Je sais même … faire la roue. Je suis génial comme gamin ! J’ai même dû apprendre quelques tours au chien. Je ne suis pourtant pas forain. Je vais être en retard, presser le pas. Finalement, j’avais raison, il n’y a pas de problème, pas en ce qui me concerne. Au tournant de la rue, les constructions prennent de la hauteur, je laisse derrière moi les bâtiments de deux étages et commerces au rez. Il y a des affiches au bord du trottoir, des trucs de propagande hygiéniste, genre « brossez-vous les dents » mais il est question de comprimés, je rappelle à nouveau Lou’ près de moi, plus envie de faire la roue mais je me sens toujours aussi bien. Les cachetons placardés en format international, ce doit être un trip légal, voire même obligatoire selon ce qui est écrit sur une pancarte, un bus, mes pieds sont montés, des instructions, « ne pas resquiller, réservé aux somatés » et la petite pilule en illustration. Je m’assois, toujours aussi « high », je dois être bien chargé et voilà pourquoi je me prends pour un quadra alors que je suis ado. Normalement, je ne devrais pas être capable d’élaborer une pensée rationnelle, je sais que j’ai déjà consommé des psychotropes illégaux et ça ne m’a pas fait cet effet. Il doit y avoir un troisième, quelque part entre le gamin et le quadra. Moi peut-être ? « Moi, cet inconnu ? », la philo à deux balles pour supermarché.

 Le bus poursuit sa course, Lou’ dresse l’oreille, mes jambes savent que je descends sous peu. Je me tourne vers un type, échanger quelques mots, je ne sais pas exactement qui il est … consciemment … je sais que je le connais, Lou’ lui renifle la jambe, le regarde avec confiance. Ma bouche articule des banalités, il me parle d’une course au « Leisure Center », y trouver un soma d’un arôme original. « Il faut que j’en parle à la maison, peut-être que ma mère … » J’ai dit « ma mère » ?! Se soumettre à l’arbitraire de l’autorité familiale, les lubies maternelles, pitié. Je sais que je ne suis pas un type de quarante ans ou plus et encore moins un ado. « Je » est, je suis. Mes pieds, mes jambes, Lou’, le type et moi descendons du bus. Je salue le type qui poursuit tout droit, je tourne dans une ruelle, pousse la porte d’un locatif standard, plutôt propret, avec des plantes dans le hall, « pour faire joli ». Le chien me précède dans l’escalier, j’entre dans un vrai petit appart’ familial séjour-cuisine-salle à manger d’un seul tenant, ouvert, très propret, très « famille heureuse », joli et à hurler de banalité. Si j’étais vraiment un gamin de 16 ans, je n’aurais pas le tiers du vocabulaire nécessaire, rendre cette banalité. Je suis apparemment « l’homme de la maison », famille monoparentale, banalité encore, un plus jeune frère … ou une sœur, beaucoup de compréhension, de complicité et le panier du chien. Je suis peut-être un mec de quarante ans à l’intérieur pour remplacer le père, absent ? mort ? Peut-être. La contrainte omniprésente, doucereuse sous le moelleux de la normalité. Il était l’heure de rentrer pour manger, tôt, 18h, ma … mère reprend le travail plus tard. Elle ne doit pas être caissière dans une supérette de nuit, non, quelque chose de plus sophistiqué et altruiste, je l’imagine bossant dans un hôpital, elle n’est pas médecin, la décoration de l’appartement ne serait pas d’un aussi mauvais goût gentillet. J’ai tout de même la place de rebondir en sauts, atteindre l’extrémité de la pièce, la joie de Lou’ couché là dans son panier. Mes pieds, mes jambes, mes bras, mon corps tout entier me rappellent que je suis … danseur ! Je veux être danseur, le rire d’une mère, le repas, vite ! Vivre, m’exprimer, et encore mieux, merci Changical. J’arrive à faire des trucs déments dans ce petit séjour, je sens fougue, révolte, humiliation et espoir remonter de mes membres vers la tête. Je m’entraîne, dur, pas d’académie officielle, mes pieds savent où se trouve le gymnase, j’irait plus tard, dîner d’abord, ma mère est pressée. Lou’ s’est lové au fond de son panier.


vendredi, juillet 10, 2020

Complément au billet quant à la tartufferie du masque ou « entrer en résistance »


Analyse de la situation et rhétorique
Alain B., conseiller fédéral, a dit en substance : « nous n’avons aucune preuve de la propagation du virus dans les transports publics toutefois, dans les pays voisins, il existe l’obligation du  port du masque dans ces mêmes transports, nous décidons donc de l’imposer aussi », il a encore dit : « nous avions fortement prescrit le port du masque [dans les transports publics] mais personne ne le portait, il a bien fallu passer par l’obligation ». Simonetta S., conseillère fédérale a dit : « le masque protège aussi un peu celui qui le porte » puis « ce n’est pas si désagréable de le porter », elle a encore dit : « on s’y habitue » ! Soit. L’historien que je suis ne peut s’empêcher de rappeler que ce genre d’arguments circulaient dans la France occupée à propos du port de l’étoile de David. De plus, non, Mme S., le masque, s’il n’est pas filtrant, ne protège qu’autrui à une distance maximum de 20cm, au-delà, vous pouvez imposer le port du panier à salade sur la tête, ça aura le même effet. Je vous rappelle, Madame, que le  virus du SARS-CoV2 mesure en moyenne 100 nanomètres, soit mille fois plus petit que le diamètre d’un cheveu[1]… Quant à Alain B., petite analyse syntaxique de ses propos, version décodée, il justifie l’imposition du port de la couche-culotte faciale non pas sur des constatations ou des chiffres, des analyses objectives ou la manifestation de clusters mais juste parce que la mesure a déjà cours en France, en Allemagne (ou elle est suivie comme présentée dans un précédent billet de mon blog[2]), en Italie et partout où l’expérience de contrôle et de sinisation des foules a cours. De plus, le pompon, le Conseil fédéral, n’assumant pas complètement son statut de pouvoir exécutif suprême, espérait se défausser avec une simple « prescription », genre « vous êtes obligés mais ça ne vient pas de nous, vous le faites gracieusement … ». On serait en droit d’en conclure un manque de génitoire rédhibitoire de la part du susmentionné Conseil mais je n’irai pas jusque là.

Début en fanfare … timide
Cela fait donc 4 jours que la couche-culotte faciale est obligatoire dans les transports publics suisses et 2 jours qu’elle est obligatoire dans les commerces vaudois et jurassiens accueillant plus de 10 personnes à la fois. Je m’étonne que le Jura ait cédé à cet hystégiénisme  (hystérie + hygiénisme, mot valise !). Que les autorités vaudoises marchent comme un seul homme dans la lutte contre la pseudémie et tout le canton à leur suite ne m’étonne pas, ce petit genre fayot premier de la classe qui s’imagine se la jouer plus suisse-allemand que les Suisses-Allemands ne date pas d’hier. En l’occurrence, la Suisse allemande garde la tête froide, n’est pas prête de se ch… dans le crâne et, consécutivement, ne voit pas l’utilité à la couche-culotte faciale. Et que voit-on dans les trains, les bus, les métros, observations personnelles et donc parcellaires de la situation dans un périmètre d’une vingtaine de kilomètres autour de la capitale vaudoise, que voit-on ? alors que la retape moralo-bienveillante est à son comble, pas encore émoussée par la routine et l’ennui, mais que voit-on ? Un 15% de réfractaires sans masque ou le masque ostensiblement sous le nez. Et pas de rappel à l’ordre de la part de ceux qui font « juste » qui, honteusement masqués, se plongent dans la consultation de leur smartphone. Par-ci, par-là, quelques signes de connivence et d’encouragement entre les réfractaires. Ça fait chaud au cœur, tout n’est pas encore complètement perdu. La presse d’Etat évoque quant à elle le refus du masque comme un sentiment mal placé de supériorité de la part d’une frange de la population peu éduquée manquant du civisme le plus élémentaire !!! Etude sociologique à l’appui, gribouillée à l’arrache, on se croirait revenu aux grandes heures de la Pravda.

vu dans un couloir de la gare de Morges
Une situation
Lundi, votre serviteur se rend à la clinique de la Source non pas pour s’inquiéter d’une infection au conarobidule et se faire tester tout tremblant d’inquiétude, nan, juste une échographie en vue de ma lipoaspiration de septembre. J’entre donc d’un pas décidé dans l’établissement médical où on m’impose la couche-culotte faciale – gracieusement offerte – que je dispose n’importe comment sans que le préposé garde-chiourme sanitaire n’en dise rien. Sitôt franchi le sas d’entrée, je retire le couche faciale de chirurgien et la glisse dans une poche, c’est pour une amie qui refuse d’en acheter et a besoin de deux ou trois pièces pour faire « genre » dans les grandes surfaces vaudoises. Par plaisanterie, j’avais déjà accroché au rétroviseur intérieur de sa voiture un masque usagé qui était passé d’un fond de sac à l’autre. Et bien l’objet a été réquisitionné par son fils, qui ne compte pas plus que sa mère dépenser de l’argent pour la chose. Du coup, je conserve les masques à peine utilisé dont elle pourrait avoir besoin. Je réajuste un masque en tissu léger et respirant, porté sous le nez, histoire de tester les réactions. Je tends le bon de soin à une première réceptionniste qui me dit que c’est un étage plus bas. Pas un mot sur mon port particulier de la couche faciale. Deuxième réception, je suis au bon endroit, pas plus de réaction de la secrétaire médicale, pas plus de la part de l’infirmière qui m’appelle et me dit de me déshabiller dans une cabine. Toujours rien alors qu’elle m’installe sur la table d’auscultation. Arrive la radiologue, je trifouille mon masque, pas évident avec la moustache, elle me demande si la chose me gêne, je réponds par l’affirmative, elle me fait, enfin, remarquer que ça ne se  porte pas comme ça. Je rétorque que je suis asthmatique et que j’ai les bronches en accordéon ce matin. La praticienne s’excuse immédiatement, m’assure qu’il n’y a pas de problème et embraie sur la pratique italienne où le masque est obligatoire partout, mais vraiment partout, avec mesure de la température à l’entrée des commerces, des restaurants (j’ai failli demander si la mesure était « anale », me suis réfréné). Elle poursuit par un « on aurait dû faire comme ça en Suisse, ça repart ». Et, là, c’est moi qui repart pour démonter les arguments approximatifs serinés par la presse d’Etat, « normal que l’on ait plus de cas positifs depuis le 23 juin, depuis que les tests sont  pris en charge par l’assurance maladie de base, on en fait jusqu’à 10 fois plus, pas étonnant que la courbe du nombre de cas positifs évolue avec celle des tests effectués ». « Oui mais ça repart en Suisse ! » gémit la praticienne. « Non, les hôpitaux sont vides ! le nombre de cas positifs/faux positifs augmente soit mais il n’y a quasi plus d’hospitalisation (3 hospitalisations le 7 juillet et rien depuis deux jours) et le dernier décès prétendument causé par la covid-19 remonte au 30 juin. » La dame ne se démonte toutefois pas, elle attaque sous un autre angle, « vous avez été malade de la covid ? » Ce à quoi je réponds que je n’en sais rien, peut-être, j’ai été malade, genre refroidissement sans fièvre avec les bronches détrempées. J’ajoute que mon voisin avait été testé positif, qu’il a passé tout son temps de confinement, 10 jours en mai, sur sa terrasse à bronzer. La praticienne « il a eu de la chance, je connais des personnes qui ont été très gravement malades ». « Oui, comme cela arrive avec la grippe ! » Après cette dernière passe d’arme à fleurets mouchetés, la praticienne a changé de sujet, vite terminer, vite me voir partir. L’échange a duré 5 minutes, même moins,  au cours duquel, alors que je ne suis pas médecin, j’ai répondu par les arguments massue de la statistique suisse. A ce propos, je vous glisse une source non-négligeable de renseignements statistiques tout à fait sérieuse et vérifiée ace024.com[3], travail de compilation de données réalisée par Peter Bishop, vraisemblablement un pseudo mais l’homme – ou la femme – sait de quoi il/elle parle.

Résistance
La toile est une source vive d’informations négligées volontairement ou non par les médias mainstream. Il y a l’excellent Silvano Trotta, vieux routier de l’analyse, grand compilateur d’informations devant l’Eternel. Sur sa chaîne YouTube[4] défilent des scientifiques reconnus, des politiciens, des hommes de loi, des savants qui expliquent, expliquent et expliquent pourquoi il ne faut pas céder au « virus de la peur ». Il y a aussi cet appel d’un groupe de scientifiques et de médecins allemands dénonçant l’escroquerie de la pseudémie et s’insurgeant contre les mesures prises par les Etats. Cela commence par une petite vidéo[5] puis les Medical Professionals and Scientists for Health, Freedom and Democracy[6] exposent leur projet en enjoignant des médecins, des chercheurs et des professionnels de la santé d’autres pays à fonder le même type d’association. Il y a du plus léger, sur les réseaux sociaux, avec des petits malins exposant les mille stratégies afin de résister à la couche-culottite faciale. Il suffit, par exemple, de se promener avec une bouteille d’eau durant tout son trajet et de faire mine de boire ou, plus simple, d’avoir un petit mouchoir et, au cas où apparaitrait intempestivement un contrôleur, vous soufflez dans votre petit mouchoir « ben quoi ? vous arrivez à vous moucher avec un masque ? ». Pour les longs trajets ferroviaires, préférez le wagon restaurant où, consommation oblige, vous ne porterez pas de masque[7]. Il y a aussi des appels à la grève sociale. En quoi consiste ce mouvement ? Il s’agit d’un retrait de toute activité sociale non professionnelle. Plus précisément, cela peut prendre la forme d’une suspension de vos activités au sein d’une association, ne plus participer à des manifestations publiques, ne plus consommer les médias d’Etat ou la presse mainstream, n’en suivre que les fils d’actualités, suspendre même ses activités politiques et, à chaque fois, ne pas chercher à esquiver par de vagues prétextes mais expliquer clairement votre geste comme la manifestation de votre désapprobation de la politique menée par la Confédération, le canton et même la commune dans laquelle vous résidez. Il faut être clair, sobre et simple. Sans animosité ni véhémence. Vous pouvez encore doubler cette action en boycottant les commerces qui vous imposent le port de la couche-culotte faciale, et si vous avez un certain attachement pour ce commerce, expliquez au gérant votre position et réclamez de lui l’abandon de cette mesure ou de relayer auprès des autorités compétentes le mécontentement de certains consommateurs et la baisse inévitable du chiffre d’affaires. Dans les cantons de Vaud et Jura, où la couche-culotte faciale est obligatoire dans les commerces pouvant recevoir plus de dix clients à la fois, vous pouvez vous adressez à la chambre de commerce et d’industrie ou, même, au conseiller d’Etat en charge du commerce[8]. Comment continuer à manger et se vêtir durant ce « blocus », vous avez les petites enseignes, la vente directe auprès des producteurs, les marchés bihebdomadaires, les cantons voisins tant qu’on y impose pas la couche faciale et si ça venait à se faire, menacez d’aller faire vos courses en France voisine ou sur le net. Surtout, communiquez sur votre « grève sociale », il s’agit de témoigner de votre désaccord et de répondre à la limitation de vos libertés fondamentales, même si votre démarche n’aboutit qu’à des résultats symboliques Agir pour ne plus subir. Toujours plus loin dans votre protestation, vous pouvez suspendre vos acomptes mensuels auprès de la commission d’impôt et expliquer le pourquoi de cette suspension auprès des autorités concernées. De toute manière, vous ne risquez rien, pas même des intérêts de retard, vous avez jusqu’à fin décembre pour verser la somme demandée pour l’année en cours. Petit conseil, versez tout de même tous vos acomptes sur un compte spécialement dévolu à cet effet, histoire de ne pas être pris de cours. On pourrait pousser cette logique encore plus loin en versant les impôts sur le revenu et la fortune sur un compte bloqué après réception de votre décompte final. Vous témoigneriez, là encore, de votre opposition aux mesures liberticides qui ont encore cours du fait de cette pseudémie. A relever que cette posture tient du pot de terre contre le pot de fer et vous n’aurez pas le dessus. Avec un chouia de tapage médiatique, vous pourriez bien emm… vos autorités cantonales mais il faudra bien payer ! La réussite dépend du nombre de citoyens-contribuables prêts à se lancer. Imaginez que la moitié des ménages refusent d’obtempérer, l’Etat devra céder… Sur un plan politique, vous pourriez aussi sanctionner tous les élus - dont je fais partie - qui, d'une manière ou  d'une autre, ont collaboré au rapt de vos, de nos libertés fondamentales en biffant leurs noms lors des prochaines élections (communales, cantonales, fédérales). Préférez-leur des candidats tout neufs et virez les autres. Au passage, je vous présente mes excuses pour n'avoir pas suffisamment défendu nos droits dans mon mandat de conseiller communal.

Et plus personnellement …
Trois objectifs : 1.passer le permis de conduire et acheter une voiture, 2.faire une liposuccion en septembre et 3.suivre un cours de méditation transcendantale fin août. Je résume : être libre et se libérer (contrainte, gras, pusillanimité, horaires de train, etc.) Je vous dirai laquelle des trois mesures sera la plus spectaculaire. Quant à la littérature, on me promet, on m’assure que je serai publié en novembre et au printemps, pour un essai autofictif et un roman à caractère uchronique, deux projets cumulant près de 5 ans de retard à eux deux, on va dire la faute à pas de chance. En tout cas, promis, plus un mot sur le conarovirus et ses effets annexes. Après avoir rendu mon tablier du conseil de paroisse et de l’Association de sauvegarde de Morges, je me tâte quant à la politique aussi. S’apercevoir que l’on n’est qu’un micro-pion sur un échiquier géant au service de … pantins, bof. Je me demande s’il n’y aurait pas mieux ou plus créatif à faire. A voir. A suivre.




[4] Un bref exemple de ses « émissions », l’évocation de l’étude de 10 scientifiques italiens qui clament que l’épidémie est finie https://www.youtube.com/watch?v=m2_tWmJOso0
[7] Pour ne pas attirer d’éventuels ennuis à ces contributeurs de Facebook, je tairai leur nom.
[8] Le DEIS dans le canton de Vaud

mercredi, juillet 08, 2020

Peau d'âme / L'étoffe des zéros


Quand j’étais enfant, j’avais été fort frappé par la merveilleuse Catherine en robe couleur de soleil, un conte version cinématographique, une histoire qui expliquait aux petites filles qu’elles ne devaient pas être top belles, en tout cas pas jusqu’à leur mariage, sinon elles susciteraient le désir contre-nature de leur papa. Le conte racontait encore à chaque petite fille bien élevée que seul l’époux qui lui était destiné la trouverait belle même si la petite fille en question par humilité s’était faite moche, n’avait en tout cas pas cherché à se pomponner et exister par son charme, son physique, ses goûts. Après le mariage, ce serait une autre histoire, la petite fille devenue épouse (synonyme de femme en la circonstance) aurait même le devoir au bras de son époux de se maquiller, faire des effets de toilette tant en public qu’en privé, surtout en privé, dentelles, déshabillés et tout le tralala. Etant un garçon, de surcoît plus admiratif de la robe que du corps qu’il y avait dedans, la problématique du rôle de la femme dans les clichés traditionnels m’est parfaitement passée au-dessus. Il y avait aussi le conte, tout aussi magnifiquement adapté au cinéma, de la jeune fille qui, se promenant où il ne fallait pas, finissait par y être retenue par un monstre (plein de poil avec une énorme trompe au milieu de la face selon le texte d’origine), monstre dont elle finirait par tomber amoureuse et de sa trompe aussi. Là non plus, je n’avais pas fait le lien avec la morale pragmatique sous-jacente, à savoir l’expression populaire touchant à la sexualité féminine : voir le loup !

Je dois dire que je n’ai pas peur du loup, quelle qu’en soit la forme ; j’ai une grande affection pour les canidés et, pour en revenir à l’expression populaire susmentionnée, j’eus dans mes jeunes années une vie sentimentale – et plus bas –  passablement agitée. J’y laissai parfois quelques plumes, soit, mais ne me suis jamais retrouvé vraiment à poil, au pire je me serais juste montré moi-même, tel quel et tout d’un seul tenant, sans mise-en-scène, tralala, tanga ou slip kangourou. La fesse eût peut-être été incidemment découverte mais le reste du bonhomme drapé dans le laticlave métaphorique de ses convictions, croyances, inclinaisons. En fait, je me suis plus d’une fois franchement retrouvé à poil ! Ce n’est pas un état problématique en soi, pas sur le plan de la pudeur, pas à vingt ans du moins. Le problème vient d’ailleurs, de la blessure d’amour propre, des coups virtuels qui vous font des bleus à l’âme … Avec l’âge, la chair flétrissant, on apprend à se couvrir, se déguiser laisser entendre que l’on est un autre, celui qui rentre dans des fringues standardisées qui vont à tout le monde mais à personne en particulier.

Les héros du moment ne sont guères plus séduisants. Ils avancent masqués, à bonne distance les uns des autres. C’est à peine si l’on arrive à les reconnaître parmi les reflets du plexiglas. Pauvres enfants craintifs inventés par un mauvais démiurge qui pousse la malfaisance et l’ironie jusqu’à leur avoir fait croire à leur héroïsme ?! Si le « nouveau héros » est un aussi bon citoyen que la petite fille sage est bien élevée, il doit s’effacer, abdiquer de lui-même, volontairement, devenir une entité nulle et impersonnelle jusqu’à ce que … je ne sais quoi ? La résurrection des boutons de guêtres comme disait grand-maman. La petite fille sage nourrissait le vague espoir d’un mariage prochain pour exister. Nos nouveaux héros carburent à la belle promesse parmi l’angoisse, tant qu’ils sont productifs, pas même besoin de leur passer la bague au doigt. Par bonheur, parmi ces cohortes sans visage, quelques mauvaises têtes se relèvent, le nez au vent. Ils ont même quitté leurs fringues de prêt-à-porter pour en faire des étendards. Même pas morts, pas encore, pas avant d’avoir brûlé masques et déguisements comme les féministes ont brûlé leur soutifs en 68, le sein nu, revendicatif et conquérant. Même pas morts, pas encore, pas avant d’avoir habité de toute leur âme chaque millimètre carré de leur épiderme et d’en avoir joui, comme une invitation à la liberté d’être soi.

D’aucuns diraient qu’il n’y a pas matière à épiloguer. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu donc rien venir ? « En dépit du soleil qui poudroie, le temps se couvre », dirait la frangine, rapport à la mine déconfite de foules hagardes et clairsemées, une sorte d’horreur blanche qui vous ferait presque regretter la grosse boucherie dégueu et assassine d’un Barbe Bleue ; assurément, ce type n’a pas peur de se tacher dans la manifestation de sa sensualité. Mais quand reviendra-t-on à des histoires de fleur de peau ? de conscience … épidermique ? de libre-arbitre ?



jeudi, juin 25, 2020

Retour de Berlin ou la foire aux tartuffes ou la Grande Mascarade


Préambule 1 :
Le masque chirurgical ou masque en tissu ou tout bricolage du genre ne protège en rien celui qui le porte mais toute personne se trouvant à 20cm ou moins de celui qui porte le masque. Le masque dit chirurgical a une durée d’utilisation de 4 heures maximum. Au-delà, il devient un nid de bactéries nuisibles à celui qui le porte. Le masque en tissu ou tout bricolage s’en rapprochant est un piège à allergènes, à bactéries aussi si humide ; il faudrait donc 4-5 masques par jours (chirurgical, tissu, bricolage) et laver chaque jour à 60° les masques qui supportent ce traitement. J’enseigne la culture générale auprès de personnel soignant qui m’ont confirmé unanimement ces données.

Préambule 2:
Vu la durée de la pseudémie ( mot valise pour pseudo et épidémie), le taux de transmission moyen (2,8), le nombre de morts attribués à la Covid-19 par 100’000 habitants (49 pour la Suède qui n’a pas confiné et a laissé les lieux publics ouverts, 44 pour la France qui a strictement confiné et fermé tous les lieux publics en dehors des magasin d’alimentation, 23 pour la Suisse qui a interdit les rassemblements et fermé tous les lieux publics en dehors des magasins d’alimentation mais laissé la population aller et venir), vu ce qui précède il ne semble pas y avoir de lien entre confinement et létalité du virus et par rebond pas plus de lien entre port du masque et létalité du virus. De plus, si le virus se répandait par aérosols, le taux de transmission serait plus élevé. Le virus se transmet certainement par gouttelettes avec le préalable d’une charge virale suffisamment importante et, surtout, par dépôt sur des surfaces. Lorsque je parle de charge virale suffisamment importante, je fais un parallèle avec notre bon vieux virus du Sida qui, avant les trithérapies, était présent dans les larmes et la salive mais en quantité si négligeable que le risque était théorique … à condition d’ingurgiter dix litres de salives d’une personne infectée !!! Le risque pouvait être qualifié de statistiquement crédible mais pratiquement irréalisable.

Ich bin wieder da.
Retour de Berlin, ma Berlin, lavée de ses hordes de touristes … Mais j’en suis un me direz-vous ? Non, « ich bin ein Teilzeit Berliner », cela fait près de 15 ans que je fréquente ma « petite ourse », Bärlin, mon petit Liré perso’ que j’ai vu se transformer, que je connais aussi bien qu’un Berlinois, peut-être mieux, j’ai le temps d’y flâner. Je connais ses parcs, ses églises, ses pince-fesses, les collections de ses musées. J’ai vu des cafés, des cinémas, des magasins, des lieux propres à l’identité de la ville disparaître. J’ai vu naître des institutions, ressusciter des lieux. Bref, je vis avec la ville, la visite comme une proche amie, une parente quatre fois par an, parfois plus. J’y ai des amis, des habitudes, des cantines et des manies. Un saut de puce le week-end dernier, sitôt les frontières rouvertes, retrouver ma chère Berlin au plus vite de peur que les semeurs d’angoisse ne nous rebouclent comme de la volaille en batterie. J’ai donc eu le plaisir de retrouver le peuple des Berlinois, toutes communautés confondues, peuple réinvestir sa ville, encombrer ses trottoirs, boire à la terrasse de ses cafés. J’ai surtout vu une ville, une population qui, même si elle n’a vécu ni la dictature nazie, ni la surveillance de la stasi, a gardé le réflexe de défendre ses libertés fondamentales.

Liberté chérie
Avancer le nez au vent, maquillé, grimés, déguisé, nature, avec le voile islamique ou la képa, un chapeau sur la tête, des lunettes excentriques ou un masque filtrant parce qu’on a peur du grand méchant loup qui, ces temps, s’appelle Covid-19, no problemo, chacun fait ce qui lui plaît avec son image sociale, selon ses goûts, sa volonté ou ses craintes. Quel bonheur de fréquenter la communauté turque et musulmane, des gens qui se tiennent « dans la main de Dieu », selon leur propre expression et acceptent la vie avec ses risques et ses joies. La loi impose le port de masque au personnel de la restauration, dans les restaurants turcs on vous accueille avec le sourire et le masque pendu à l’oreille, sous le menton ou, mieux, pas de masque du tout. Les jeunes ressortissants de cette communauté montent et descendent fièrement des transports publics sans masques, ils n’ont même pas envie de faire semblant, comme une bonne partie des usagers, qui portouillent la chose sous le nez parce que naturellement vous vous apercevez qu’il est contre-nature et désagréable d’entraver sa respiration, de re-respirer ses miasmes, comme si vous deviez manger votre vomi !

Des faits
Soyons concrets. J’ai une situation précise et clairement déterminée avec des chiffres précis : trajet en U3 de Wittenbergplatz à Hohenzollernplatz, samedi, il est 13h30 à peu près, 11 voyageurs se trouvent dans le wagon, moi y compris, et 5 ne portent pas de masques. La situation est moins marquée sur l’ensemble de mes trajets. J’ai pu observer un tiers des voyageurs qui ne portent pas de masques ou ne se couvrent pas le nez et la moitié qui, à un moment ou un autre, ne porte pas de masque/l’a momentanément retiré. En pourcentage, on obtient un gros 30% qui ne suit pas les prescriptions dites obligatoires dans les magasins et les transports publics auxquels s’ajoutent encore un 20% qui, pour un instant, retire son masque. Et je n’ai que très, très peu vu de masques filtrants dont l’efficacité est encore à discuter (voir la taille de la maille du filtre versus la taille du virus). Vu ce qui est exposé dans les préambules 1 et 2, vu le suivi très lâche de l’obligation du port de la muselière …euh du machin à caractère hygiénique quoique franchement dégueu’ car très très très rarement utilisé de manière adéquate, pourquoi ne pas laisser tomber cette obligation pour la transformer en prescription et tant pis pour les chiards, quand ils seront fatigués de trembler comme des clafoutis gélifiés abandonnés dans un courant d’air, ils reviendront à la raison et seront très heureux de ressortir sans se voir sans cesse confronté au signe anxiogène du masque chirurgical.

Obligatoire mais pas tant …
Et parlons de cette question d’obligation. Pas un seul contrôle dans les transports publics, parfois un regard de travers dans les magasins où, souvent, le personnel (DM, Rossmann) ne porte pas de masque. Apparemment, l’amende pour non-respect de ces normes sociocides (socio- = la société, -cide = qui tue) n'est pas appliquée. Mes amis berlinois m’ont dit n’avoir jamais été confrontés à un contrôle sur ce sujet … C’est ici que réside la tartufferie, une hypocrisie moralisante.  Et les « clusters » me direz-vous encore ? On les attend ! A Berlin, un bâtiment de Neuköln a été placé tout entier en quarantaine ; voilà qui démystifie la transmission par aérosol et nous rapproche de la très vraisemblable contamination par projection massive (on vous éternue contre à moins de 20cm) et/ou contamination par dépôt. Il y a, soit, aussi le canton de Gütersloh et son abattoir cradingue de  Rheda-Wiedenbrück, centre d’une nouvelle contamination. Avec ce que l’on sait déjà des marchés encore plus cradingues de Wuhan et d’autres abattoirs en Europe, on peut légitimement se poser la question d’une transmission via les cadavres d’animaux assassinés dans des conditions concentrationnaires. Plutôt que d’emm… le bon peuple avec une sinisation  de nos sociétés par le masque, nos autorités feraient mieux d’interdire le massacre d’être sensibles dans ces usines de la mort. Quoiqu’il en soit, ces deux cas, qu’on les tourne dans un sens ou dans  l’autre, ne confirme en rien l’utilité du masque !

scène du 28 minutes, Arte, 12 juin 2020
Blabla international
L’Allemagne n’atteint pas les sommets où caracole la France, se vantant d’avoir imposé un quasi Vichy II à sa population, jouant bonasse sur les écrans de sa télévision publique la carte de l’obéissance à la sainte autorité panmédicaliste. Lorsque je vois Sophie Davant minauder sur le plateau d’ « Affaires Conclues » à propos du respect strict des distances, et que, même, elle rappelle à une commissaire priseur qu’elle n’a pas retiré son masque alors qu’ils sont à l’écran, « Hi, hi, hi », je ne peux m’empêcher de penser à toute la bonne volonté que la France mit dans la collaboration… Evidemment, dans les émissions « sérieuses » de décryptage de l’actualité, les 360'000 habitants du canton de Gütersloh sont devenus un demi-million de confinés parce que l’Allemagne n’a pas réagi assez tôt, assez complètement, n’a pas assez insisté sur le masque etc. Cette pauvre intelligentsia française en vue privée pendant plus de trois mois de son cher public-caisse de résonnance caquette à n’en plus pouvoir sur ce qu’il faut encore faire, sur le masque, le masque, le masque. En vérité, je vous le dis, la France voisine est en train de sombrer sous Vichy II. Dans la foulée, quelques apprentis autocrates aux petits pieds exigent tout et n’importe quoi en Suisse romande (partie francophone du pays où l’influence du voisin français est naturellement plus marquée). Je pense à M.P. à Genève et à ses déclarations à l’emporte-pièce (je tais son nom car j’ai honte pour lui, même si je suis citoyen vaudois, le canton d’à-côté). En terres vaudoises, aussi, au sein du gouvernement cantonal, on est venu nous annoncer la fin du monde et réclamer que les autorités fédérales nous bouclent à domicile. Comme le dit ma mère, « heureusement qu’on a les Suisses-Allemands ! ». En Suisse, par bonheur, on peut exposer des chiffres. Le masque n’est pas obligatoire, seuls 6% des usagers des transports publics le portent, 8% aux heures de pointe, toujours pas de clusters, la deuxième vague commence à ressembler à « l’Arlésienne ».  Pourtant, l’Etat fait de la retape tous azimuts avec des messages infantilisants, « tous responsables ». Effectivement, tous responsables de la défense des libertés fondamentales dans nos sociétés occidentales, d’où ce billet, dont je vais envoyer le lien aux autorités berlinoises, brandebourgeoises, allemandes et, même, à Mme von der Leyen. Les autorités et personnes précitées n’en auront certainement rien à faire, j’aurai au moins eu la satisfaction de leur avoir « renvoyé leur paquet ».  Question télé, je relève avec amusement que, lorsqu’on fait des simagrées sur « Affaires conclues », sur le plateau du 28 minutes, Arte, on se tient côte à côte, à peine à 20 centimètres les uns des autres. Je me dis que l’entendement protège de la carnavalite, ce virus intellectuellement transmissible via la peur, virus se manifestant par l’apparition d’un masque sur la face.

Un petit dernier pour la route
Et je suis rentré, vol de 20h10, aéroport de Tegel, terminal C. Les agents de sécurité portent de façon très personnelle le masque (sous le menton, sous le nez, sur le front …). Les contrôles passés, comme dans les gares du U, je suis noyé de messages de prévention qui tournent en boucle. Comme dans le U, un bon tiers des personnes présentes ne portent soit pas le masque, soit sous le nez, une partie des autres le retire régulièrement. Bref, du classique. Peu avant l’embarquement, une employée de l’aéroport dûment déguisée pour carnaval vient rappeler à l’ordre l’un ou l’autre passager qui ne porte pas du tout de protection faciale. Elle semble ne pas vouloir voir ceux qui l’ont sur le menton, ou à moitié sur la bouche. Et voici que passe l’équipe de la sécurité qui procédait aux contrôles ; il n’y a plus de vols pour aujourd’hui, ils ont fini. Aucun d’eux ne porte plus de masques ! Et que fit la petite préposée au respect des mesures liberticides pseudo-hygiéniques ? Rien. Elle s’est détournée pour ne pas les regarder puis s’est retirée derrière le distributeur de boissons, face contre le mur, à croire qu’elle se cachait ! J’en ai une caisse entière de ce genre à propos des agents de la BVG (compagnie de transport berlinois) préposés à la surveillance des quais, qui eux-mêmes se promènent à peine masqués (sous le nez).

In fine
« Qu’est-ce que ça peut te faire si des gens portent un masque ? » A moi, rien mais, derrière cette pratique et les injonctions panmédicalistes qui insistent sans cesse sur l’application d’une mesure qui ne sert in fine qu’à rassurer les craintifs avec un gri-gri ridicule, je m’interroge sur les véritables enjeux ? Le masque nous anonymise ; d’individu singulier, on devient une entité méconnaissable, un composant de la masse. L’étape suivante sera le puçage et ça se terminera avec « le soleil vert ». Le conarovirus – ainsi que je le nomme – n’est pas la peste, le choléra, la grippe de 1917 ou ébola. Il y a des victimes, oui, c’est regrettable, comme lors des épisodes de grippe saisonnière. Il y aura encore plein d’autres viroses de saison plus ou moins graves, plus ou moins naturelles. A chaque épidémie, les aînés mal-portants, les personnes en surcharge pondérale mal-portantes et les mal-portants tout court risquent leur peau. Je fais partie de la dernière catégorie (asthme chronique carabiné ce qui ne m’a jamais empêché de vivre, juste d’adopter des chats) et je suis sorti tous les jours durant le conconfinement, j’ai traversé la Suisse en train, je suis allé voir des amis car, du fait de mon asthme, j’étouffe si je ne peux pas sortir. Sitôt que les activités ont repris, je suis dès le premier jour allé au restaurant, suis retourné au fitness, n’ai jamais cessé de faire mes courses, n’ai pas peur du loup et ne compte pas me faire imposer mes peurs. Et je ne suis de loin pas le seul dans ce cas. Il faut bien mourir de quelque chose … Alors que la Suisse avait déjà conconfiné le vendredi 13 mars, je suis allé assister à la messe dominicale de l’autre côté de la frontière, là où elle avait encore lieu. J’ai toutefois toujours eu le réflexe d’éviter de me mettre les doigts dans le nez ou dans le c… n’importe où sans m’être lavé les mains préalablement, chose que je fais sitôt rentré à la maison. Les mesures imposées, proposées sont disproportionnées et inadéquates. La peur et l’infantilisation peuvent être un levier politique, une manière de gouverner mais les enfants finissent toujours par grandir et se faire leur propre opinion.

samedi, mai 30, 2020

Lettre ouverte à Monseigneur Charles Morerod


Monseigneur Morerod, successeur de Jules II, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg,

Permettez-moi cette lettre ouverte, lettre que je publierai sur mon blog et proposerai au « courrier des lecteurs » du quotidien 24H, lettre d’un catholique pécheur qui vous confesse le péché de colère, une colère froide car les mots qui vont suivre ont été retenus depuis le lockdown du 13 mars, une colère qui a crû avec le temps mais je m’étais promis de ne pas vous écrire avant que les églises ne soient rouvertes et la très Sainte Communion à nouveau donnée. Voilà qui est fait. Ce jeudi matin 28 mai, j’ai participé à la messe et j’ai communié. Je ne voulais pas rajouter cette colère à l’hystérie et à la confusion des dernières semaines. Vous aurez compris, Monseigneur, que l’Eucharistie, la Communion sont au centre de mes préoccupations, préoccupations de tous les petits à la foi nourrie de la présence de l’Aimé, la présence de Notre Seigneur Jésus Christ dans la vénération du Saint Sacrement ou de la Communion. Nous, les petits, sans grande connaissance théologique, nous n’accédons pas aux concepts éthérés de la « Communion de désir », à savoir on désire très fort la Communion et c’est comme si on l’avait. Je vous parle donc de la bonne majorité des fidèles qui pratiquent dans la confiance de l’amour de Dieu et l’abandon, bref la « foi du charbonnier ». Vous rendez-vous compte, Monseigneur, vous avez exigé de vos prêtres de nous abandonner, avec la pauvre consolation de messes on line un peu bricolo, messes qui nous déchiraient le cœur car nous étions privés de l’Aimé alors que vos prêtres s’en repaissaient avec componction et satisfaction.

« Il y avait des ordres », « l’Eglise n’est pas au-dessus de la loi », me direz-vous. Soit. Si vous, Monseigneur, successeur du grand pape Jules II qui fut aussi évêque de Lausanne, si vous aviez donc été l’un des prélats de l’Eglise des premiers temps et aviez été assistés des mêmes prêtres qui vous obéissent aujourd’hui, je crains que nous en serions restés au culte de Jupiter ! Des hommes et des femmes ont risqué leur vie pour la Communion et vous n’avez trouvé à nous servir, à nous peuple affamé du Christ, que des paroles sèches et des reproches, du style « la communion n’est pas un dû, c’est un don ! ». « How dare you ? » comme dirait Greta, et croyez bien que lorsque je l’ai crié devant la porte hermétiquement close de l’église Saint-François de Sales à Morges, fin avril, alors que les autorités fédérales avaient autorisé la réouverture des lieux de culte, croyez bien que mes larmes n’étaient pas feintes (colère, dépit, trahison). Par bonheur, le diocèse est vaste. Votre cathédrale a accueilli les fidèles dès que cela a été possible. J’y suis venu, j’y ai vénéré Notre Seigneur, et y ai même brûlé un lumignon pour les serviteurs pusillanimes de Notre très Sainte Mère l’Eglise. Il y a aussi la basilique Notre Dame de l’Assomption, à Lausanne qui a ouvert ses portes dès que possible, merci à l’abbé Dupraz.

Vous auriez pu, Monseigneur, faire preuve d’un peu d’imagination, vous inspirer de ce qui se passe ailleurs, à Berlin par exemple où, dans certaines paroisses, on ouvrait l’église et on recevait  le nombre autorisé de personnes pour la vénération du Saint-Sacrement et, avant de refermer les portes, les prêtres en profitaient pour offrir la Communion aux fidèles qui la demandaient. Et pourquoi ne pas avoir organisé la Communion sur le parvis, les fidèles par groupe de cinq, sur rendez-vous, après la célébration de la messe dominicale via Skype, Facebook, Zoom, Youtube, etc. Quitte à poursuivre le lundi et même le mardi encore, comme si le peuple des baptisés avait dû traverser une nef immense et parvenir enfin à l’autel … Mille autres choses eussent été imaginables mais vous vous en êtes tenu aux ordres et les prêtres qui vous doivent obéissance aussi. Avez-vous à ce point oublié que les gestes, la corporalité, la Communion sont l’essence même de notre Eglise ?! Je ne suis pas Docteur en théologie, je suis sûr que, lorsque vous lirez ces lignes, si vous les lisez, vous aurez vingt arguties tirées des textes des Docteurs de la foi démontant en deux-quatre-sept mes récriminations.
Monseigneur, rappelez-vous les paroles de Notre souverain pontife : « le bon berger doit pouvoir sentir l’odeur de ses brebis ». La foi – tout comme la politique, le sport et le sexe – ça ne passe pas par un écran, ça se vit en vrai, en trois dimensions et en couleurs. Le sexe, vous me direz, ce n’est pas votre domaine. Vu la situation, ne vous inquiétez pas, Monseigneur, je n’ai pas le plus petit bout de péché de luxure à vous confesser en sus de la colère. Pour revenir au sujet de la soumission de l’Eglise à la loi, je m’interroge. Lorsque je regarde du côté de la France où les évêques ont lutté, récriminé pour la réouverture des églises et la célébration de la messe en présence des fidèles le plus tôt possible, je me demande si ce n’est pas un effet de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ne vous sentez-vous pas tenu à une stricte – je n’ai pas dit servile – obéissance envers les autorités cantonales ? Dans notre diocèse, il n’y a que Genève et Neuchâtel qui connaissent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, un bon tiers de vos ouailles, une petite moitié au mieux. Je crois que vous avez la charge de plus de 250 paroisses dont bien 180 en territoire valdo-fribourgeois, là où l’Etat prélève un impôt ecclésiastique redistribué aux Eglises qu’il reconnaît (Eglise catholique romaine, église évangélique réformée). Sachant que « qui paie commande », je conçois que vous étiez tenu à une certaine … retenue.

Monseigneur, veuillez encore excuser – dans l’attente de ma confession et de ma pénitence – la colère et l’ironie des lignes qui précèdent. Votre position vous expose à ce genre de désagrément et je vous sais pris aussi dans une hiérarchie. Je vous laisse transmettre l’idée de fond de ma missive à Notre très Saint-Père et remotiver vos troupes dans bien des paroisses vaudoises. Je confesse encore l’orgueil de donner voix au chapitre à tous les fidèles qui se sont sentis abandonnés et trahis alors que l’Aimé se trouvait de l’autre côté de la porte dans la solitude d’une église désertée.

Frédéric Vallotton

mercredi, mai 13, 2020

Changement de point de vue versus changement de paradigme (et de ma judaïté accessoirement)


Comme me l’a dit Cy. qui, en ce moment, travaille à la maison, après l’énième appel d’un client ayant contesté son relevé de compte, « on n’est pas prêt de remettre le génie dans la bouteille », « tu penses, ils sont à la maison, ils ont du temps et se mettent à tout contrôler ». Je ne peux qu’acquiescer, pensant à l’une des vendeuses du « Fleur de Pain » d’à côté, m'interpellant l’autre jour : « Vous n’en avez pas marre de toutes ces histoires ? en plus c’est quoi ces statistiques ? je connais ma règle de trois, imaginez, c’est comme si je faisais ma caisse le soir sans savoir combien il y avait le matin ! » Je suis ressorti de la boutique ragaillardi dans l’opinion que je me faisais de mes contemporains et un rien amusé.

Je pense à toutes ces situations, à peu près satisfaisantes, boulot, petit copain, appartement jusqu’à ce qu’arrivent un chefaillon imbitable, un défaut nouvellement rédhibitoire chez l’autre, des voisins infernaux. Stop ou encore ? On en prend son parti, entre paresse et philosophie puis le mot, la goujaterie, le bastringue de trop, un demi-coup de gueule, une crise ou un silence résolu. Ne reste plus qu’à tout – ou partie – balancer. Un risque sanitaire, une épidémie, une pandémie passe encore ; se retrouver assigné à résidence, c’est un peu limite mais la fin de la vie sociale, les menaces de puçage, big data, vaccination obligatoire, interdiction de manifester, toujours pas de messe, de cinéma, de boîtes, quasi interdiction de rire dans la rue parmi les slogans hygiénico-totalitaires imposés avec une bienveillance insistante et gerbatoire : la coupe est pleine. La voix débile et un peu efféminée du speaker électronique du métro automatique M2 n’a de cesse d’inviter au port du masque, au respect des distances au-dessus d’une foule la face nue, indifférente en apparence. Je remarque chez chacun une petite ride de contrariété de plus en plus creusée à chaque répétition du message préenregistré. Encore une semaine à ce régime-là et ils monteront tous sur les sièges péter les haut-parleurs.

Mon sang allemand me crie de briser mes chaînes, sortir boire un verre au Biergarten après avoir fait une révolution spartakiste ou nationale . Quant à mon sang juif, il est en alerte avec ces histoires de traçage, tris, parcage humain et la furieuse envie d’aller voir ailleurs. Dans l’intervalle, ne sachant vers lequel de mes héritages génétiques pencher, j’ai fait du ménage, rendu mon tablier du Conseil de paroisse (ma lettre ouverte à l’évêque suit sous peu) et du comité d’une association locale. J’ai même commencé à « faire mon permis », histoire d’aller nous installer dans la campagne avoisinante ou tracer à travers l’Europe de l’Est comme un chevalier automobilo-teutonique, à moins que je ne fuie …

En dépit de mon ascendance Vallotton-Cornamusaz-Delacrétaz-Favre, se sont glissés deux ou trois exotismes, le plus connu l’arrière-grand-mère de la Forêt Noire, mère de mon grand-père maternel d’où une germanité « de sang ». Et la judaïté ? En son temps, lorsque j’hésitais sur l’Eglise dans laquelle je ferai mon baptême, j’aurais volontiers remonté le courant jusqu’à ses sources vétérotestamentaires. J’ai toutefois la faiblesse d’être attaché à mon prépuce qui m’a fait bien de l’usage jusqu’à présent et sur lequel je compte pour le reste de ma vie. Néanmoins, ainsi que je l’ai appris fortuitement de la bouche de ma mère entre la poire et le fromage,  il y a deux-trois mois, un arrière-grand-père séfarade algérien VRP dans le tabac avait séduit mon autre arrière-grand-mère maternelle. Il naîtra de cette relation illégitime ma grand-mère ! Le marchand de cigares abandonnera rapidement la mère et l’enfant. J’ai de plus une preuve « génétique » de mon appartenance à la communauté séfarade, une anémie hémolytique courante chez des populations issues du bassin méditerranéen/Afrique du nord.  Un médecin généraliste m’avait même lancé, en son temps, « mais vous êtes juif ? » ?

Bref, on n’est pas prêt de remettre le génie dans la bouteille et les lendemains s’annoncent … épiques ? divertissants ? instructifs ? En tous les cas « étonnants » comme le dirait Monsieur Cyclopède !