samedi, janvier 26, 2019

Assemblée des délégués de l'UDC


Assemblée des délégués, UDC-SVP, Gossau, samedi 26 janvier. Il est question du programme de la prochaine législature, 78 pages et, à la dernière quelques propositions quant à la famille, l’individu, la communauté … Un amalgame, l’impair, je cite « L’UDC s’oppose à : - la polygamie, à l’égalité totale du mariage et des partenariats homosexuels ainsi qu’à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels ou des dites familles monoparentales, refuse les mariages forcés et la mutilation sexuelle des filles ; le Code pénal doit être strictement appliqué à ces cas. »

Deux délégués, Beat Feurer et Roger Bartholdi, ont proposé la suppression de tout ce qui se trouvait entre « polygamie » et « mariages forcés ».

Je suis intervenu durant le débat avec la déclaration suivante.

Monsieur le président, Mesdames, Messieurs, cher camarades de l’UDC, liebe Freunde von SVP,

Nous ne sommes ni l’Union Démocratique Fédérale, ni le Parti Démocrate Chrétien, je vous demande de soutenir la suppression telle que proposée par Beat Feurer et Roger Bartholdi. Mélanger dans le même paragraphe la demande légitime d’une égalité sur le plan du mariage entre personnes du même sexe, la polygamie et l’excision est une maladresse insultante. Comme le disait le président Rösti, nous sommes le parti des gens normaux, des gens issus d’une norme inclusive et non pas exclusive, à savoir un parti qui unit urbains et agrariens, catholiques et protestants, croyants et athées, et défenseurs de la famille qu’ils soient hétérosexuels ou gays. Le mariage pour les personnes de même sexe est une question d’égalité.

Je ne parle pas de l’adoption ni de la procréation pour autrui mais de cette institution qui s’appelle LE MARIAGE. Le partenariat enregistré est stigmatisant. Les personnes homosexuelles sont souvent en butte à de la discrimination, être partenarié revient à se promener avec un triangle rose cousu sur la poitrine. Imaginez que vous deviez postuler pour un emploi et vous retrouver devant un responsable RH homophobe : votre dossier indique « partenarié » ce qui reviendra à ne pas être engagé ! Les personnes homosexuelles ne sont pas des citoyens de seconde zone, ne pas éliminer l’alinéa en question du programme de l’UDC reviendrait à déclarer ce parti homophobe et je ne me verrai plus siéger parmi vous. Merci

Silence de l’assistance.

L'assemblée a voté. Elle a suivi l'avis du comité et maintenu le paragraphe en question, l'amalgame douteux par la même occasion.
A suivre …



mardi, janvier 01, 2019

Chapitre VII ou Bananier !




Une année de plus, une année de moins, Silvester in Deutschland, avec Cy. et les chiens, et mes beaux-parents. Les années s’écoulent encore plus vite que je n’écluse ma tasse de thé, une légère mousse, moins qu’une trace sur la porcelaine, tenace une fois sèche. Qu’ai-je donc retenu de l’année écoulée ? Un peu de bruit ? de l’agitation ? des clichés, le cliché de l’auteur, du politicien, du pieux paroissien et quelques autres postures chez autrui, et pas plus de malaise que les années précédentes. Deux-trois choses émergent tout de même de la brume. La première : « Le corps du héros », de William Giraldi, une voix de l’autre côté de l’Atlantique, un écho. Ce texte m’a raconté William, un peu, et étonnement beaucoup de moi. Une sensibilité, des questions, des bobos communs vous lient bien plus qu’on ne l’imaginerait. « Construction », ce manuscrit, ou comment donner la réplique à Giraldi, une sorte de passage de témoin car la transmission ne passe pas uniquement par le sang, le père mais par les pairs de même.

La seconde chose : les deux premières saisons de « La servante écarlate », la série choc sur les dangers que l’évangélisme cul-serré fait peser sur le monde occidental. Ajoutez à cela un délire de maternité impérieuse et vous obtenez cette si probable fable, limite une projection. On y fait allègrement la chasse aux LGBT, aux prêtres catholiques, aux médecins, aux universitaires lettreux. L’esthétique y est réaliste, pas de futur improbable, juste des raclures d’hérétiques appliquant le deutéronome à la lettre sans la moindre distance, comme si un écrit aussi ancien n’avait pas besoin des lumières de la philologie, le remettre en contexte, comprendre le texte. June (l’héroïne centrale) transformée en pondeuse-objet-sexuel-sans-plaisir-même-pour-son-abuseur afin de satisfaire le violent désir de mioche de Serena, épouse du commandant Waterford, un soupçon de délire écolo, et la bible partout, tout le temps, la contrainte par la force et l’appel au sens moral. Je n’ai pas réussi à écrire la moindre ligne jusqu’ici sur mon blog à propos de cette série, à peine quelques évocations ici ou là. Pareil pour « Le corps du héros », des sujets, des récits dans lesquels j’étais et suis encore trop investi émotionnellement parce que je suis William Giraldi, je suis le personnage de June Osborne. Dans quelle mesure ? de quelle manière ? Nous sommes tous des martiens pour nos familles, nous sommes tous des citoyens lâches et bien-pensants avant de devenir des victimes du système, le nouveau Moloch qu’il faut servir aveuglément en échange de maigres privilèges, le pseudo-confort des laborieux occidentaux, divertissements, logements chauffés, nourriture et tout peut nous être arraché, comme à un chien que l’on jette dehors !

La troisième chose : le rappel dérangeant, inconfortable, un devoir négligé, le devoir chrétien de l’amour d’autrui, un devoir de compassion, un appel à la conversion qui ne souffre ni crainte ni demi-mesure. Je ne me souviens plus exactement du prêche à l’origine de cette prise (re-prise) de conscience. Aimer l’autre en dépit de lui-même. Aimer le tout autre sans pour autant trahir ses choix (de vie, politiques, moraux). Faire la part des choses pour faire une place à l’autre ou comment tout changer pour que rien ne change, pour que l’on continue à suivre le concert de Nouvel An en direct de la salle du Musikverein, Vienne, chaque 1er  janvier, autrement dit comment clore la parenthèse du jeunisme, de la mauvaise éducation en norme comportementale, du mélangisme mondialiste, de la croissance perpétuelle pour en revenir à un idéal bourgeois modéré, genre l’État k und k de l’Autriche-Hongrie.


mercredi, décembre 12, 2018

"Construction", livre II, chapitre IV


 
Je n’ai pas emporté Mcj (Mon cher journal) avec moi, lui raconter, me raconter Berlin quasi en forme de retrouvailles. Je l’admets, je me suis brouillé avec la ville. Un été pourri, une prostate en berne, un logement de vacances sinistre, une fatigue mortelle et, surtout, je n’avais plus 20, 30 ni, même, 40 ans. Berlin ne m’avait pourtant jamais promis la jeunesse éternelle. J’ai donc boudé ma petite ourse qui s’offre trop facilement à des hordes de touristes imbéciles, d’où le voyage à Alicante. Je comptais sobrement présenter mes devoirs à la ville, à C. et  à Li. lors de ce week-end élargi. Il était aussi prévu une visite chez Dussmann, le disquaire-libraire géant ouvert jusqu’à 23h30 le samedi (minuit le reste de la semaine, fermé le dimanche). Pas le temps pour la peinture, visite de musées, expositions temporaires ou galerie, juste quelques haltes dans des cafés méconnus de moi jusqu’à présent et très berlinois tout de même. J’ai logé aux sources du Ku’damm, là où il prend des airs de boulevard périphérique, avec de vrais gens qui promènent leur chien le soir et des commerces utilitaires : pharmacie, pressing, boulangerie Steh’Café, cabinets médicaux. Histoire de sceller cette réconciliation, j’ai même retrouvé chez Ludwig, la librairie-kiosque à journaux de la gare Friedrichstrasse, mon fameux mini-plan de la ville; j’en ai déjà usé trois ou quatre. J’avais perdu le dernier avant qu’il ne se délite complètement. J’avais décrété que c’était un signe. J’avais bien cherché ici où là un nouveau modèle qui le remplacerait, sans conviction. Du coup, chez « Ludwig », de joie, j’en ai acheté trois exemplaires, de quoi « voir venir », en tout cas dix ans de relation avec Berlin assurées, dix ans de déambulations, de listes à commissions, d’expos, de réflexion autour, à côté, au-dessus, dessous de ça, le cas allemand, le pays des méchants devenus gentils mais qui risquent de redevenir méchants et pire que ce que l’on craignait d’imaginer.
 
Je vais donc renouveler le bail, moins par curiosité pour mes teutons que pour conserver mon point de vue unique sur mon terroir, la distance idéale afin d’en déceler le motif culturel, motif indéchiffrable en moi-même. L’éloignement est un moyen thérapeutique du même acabit que « Mon cher journal », une mise à distance, intégrer mon terreau, sa nature spécifique, le comprendre plutôt que de le ressentir, le subir, rapport à ses codes, sa logique, ses lubies, ses tocs. Je devrais dire merci, le Pays de Vaud m’a finalement « fait une place ». Je mène avec Cy. et les chiens, une existence, somme toute, plutôt confortable. Remarquez les modalisateurs « somme toute » et « plutôt », la preuve s’il en fallait de ma bonne vaudoisité. Cela m’a pris plus de quarante ans pour y arriver et près de quinze ans de fréquentation de Berlin, la nonchalance de la capitale allemande, son pourquoi-pas-isme ahuri – le pourquoi-pas-isme est le versant positif de l’à-quoi-bonnisme.
 

Le sommet de ma vaudoisité aurait dû s’exprimer dans « Bananaland », histoire de la démocratie helvétique et condensé de mon expérience politique dans ma bonne ville, les délires urbanistiques du saint patron local, le petit numéro de duettistes du PLR-S (contraction de la droite diffuse et protéiforme du parti libéral-radical et de la pseudo  gauche de la nouvelle majorité du parti socialiste). Ces deux là nous font, motions après postulants, un joli pas de deux, chaloupé façon tango je t’aime-moi-non-plus. Un numéro pour la galerie, amuser l’électeur qui compte les points, le coups sans prêter attention aux vrais enjeux, notre vie au quotidien, sa qualité faite de places de parc, de transports publics efficaces, de passages-piétons adaptés, réverbères, bancs publics, horaire d’ouverture des commerces, etc. Rien de palpitant et, pourtant, tout d’essentiel. [] Un joli petit théâtre où on ergote  beaucoup, pas de quoi remplir les deux cahiers d’un manuscrit. Il y a un peu plus à dire sur la Suisse, une construction maladroite à l’origine qui a fini par accéder à une légitimité de droit. Au mieux, je pourrais écrire le faux journal intime de la confédération, depuis son adolescence en 1803 avec l’Acte de Médiation, en passant par sa majorité en 1848 jusqu’à nos jours, le clivage casques-à-boulons-latins, le bricolage de l’histoire officielle. Je pourrais embrayer sur les sectes et autres mafias si nombreuses dans un si petit pays. Leur but : enrégimenter le consommateur, affilier les acteurs économiques et, de l’autre côté, s’activer aux menus travaux de lobbying. Matière trop pauvre, trop commune. Tout le truculent consisterait à dézinguer, miner des édiles aux petits pieds, leur régler leur compte en deux mots … Ce ne serait pas charitable, et ça pourrait faire plaisir à plus con, la masse, celle qui l’ouvre pour ne rien dire, qui récrimine mais n’en fout pas une rame et dont la principale préoccupation touche à sa coolitude et comment l’empaqueter dans des fringues de carnaval, comment la chausser de baskets en plastic fabriquées en Chine pour des marques tendance, comment maquiller cette coolitude, sans parler des exigences de cette masse, ce qu’elle imagine lui revenant de droit. Comparé à cet extrait de néant civique, mes pantins politiques sont des cracks, des phénix, des génies altruistes.

dimanche, novembre 18, 2018

"Construction", premier extrait


« Libérer la parole !», berk, concept de loosers geignards, là où la victime devient le héros, un héros en crotte de nez, en nouilles trop cuites, en algues moisies. Instinctivement, il est permis de supputer qu’il y a manipulation, une façon d’enfermer une fois pour toute la victime dans son rôle. Le seul état de victime acceptable, être victime du sort, du « destin », « des dieux » mais les dieux sont morts, emportés par leurs affaires de turlutes foireuses, leurs petites jalousies, leurs manies sacrificielles, leur amour immodéré de l’or, des honneurs. Il n’y a plus de « victimes » qui soient depuis que l’Autre, Celui qui mangeait des galettes de blé et un peu de poisson grillé, Celui qui a foutu dehors les prévaricateurs du Temple, Celui qui, un jour, a planté ses parents pour aller faire la leçon aux ergoteurs de la loi alors qu’il n’était encore qu’un gamin, Celui qui s’est laissé insulter, malmener, épingler sur du bois, est mort, est descendu aux enfers, est ressuscité d’entre les morts, est monté aux Cieux, est assis à la droite du Seigneur (et pas « saigneur ») (Son Père soit dit en passant) d’où il viendra juger les vivants et les morts. Il paraît du reste que nous sommes fait à l’image de ce Père et que, par extrapolation, nous sommes tous des étoiles, nous sommes tous des empereurs. Je n’ai pas de compte à régler, je gère mes finances à vue. Il y a eu des circonstances qui ont fait que … et voilà, à l’approche de la cinquantaine, je me retrouve parmi plein de toiles achetées sur ricardo et anibis, à regarder « Le jour du Seigneur », dimanche matin, avec deux petits chiens  dans le lit alors que j’entends Cy. prit, une fois de plus, de déménagite aigüe qui pousse les meubles.

lundi, octobre 08, 2018

Trois titres : "Le voyage à Paris", "Poussière demain", "L'ordre du jour"







L’Ordre du jour, d’Eric Vuillard, prix Nobel 2017, un bref opus, pour une fois, d’habitude les prix de la rentrée sont des pavés. Le sujet est très simple, un rien de politique fiction et beaucoup, beaucoup de recherches historiques. Vuillard, avec le petit air de ne pas y toucher, rhabille les alliés pour l’hiver, et très chaudement, ce qui explique peut-être l’accueil un rien froid d’une certaine intelligentsia, dont font partie ceux qui savent, les thuriféraires de la bien-pensance officielle. Vuillard remet à sa juste place les « crimes » de la méchante Allemagne. On y voit les complicités de l’économie déjà mondiale, la lâcheté des uns des autres, le désespoir des « coupables ». Petit ouvrage subtile et jouissif pour l’historien ou l’iconoclaste quasi professionnel que peut être votre serviteur. Le style est alerte, sophistiqué sans qu’il n’y paraisse, parfaitement rythmé. Enfin UN Goucourt à glisser dans toutes les bibliothèques.


Le voyage à Paris, de Raphaël Aubert, chez art&fiction, un titre à la Borgeaud pour un précieux livre, un très bel objet, l’hommage d’un fils à son père, Pierre Aubert, peintre et graveur. Le fils nous emmène dans ses souvenirs familiaux, nous ouvre à l’intimité de son père, relate des extraits des notes de voyage de ce dernier et, surtout, nous le laisse suivre dans son « voyage à Paris ». Il s’agit d’un leporello, vingt croquis au stylo, du 29 novembre au 2 décembre 1968, des scènes attrapées sur le vif, un Paris trop beau pour être vrai. Aubert fils nous fait revivre la ville avec minutie, une précision d’enquêteur, pas un élément qui ne soit lancé à la légère, la reconstitution est exacte ! Comment expliquer mon émerveillement à retrouver ce Paris que j’ai eu aimé mais que je n’aime plus. Mon dernier séjour était un cauchemar, un hôtel en pseudo-chic péteux, minable au final, la pression de la foule, partout, écœurante, répugnante. Les mots du fils, les dessins du père m’ont profondément émus, retrouver une personne que l’on croyait … morte. Et quand bien même elle le serait, laissez-moi, encore un instant, serrer sur mon cœur ces quelques belles pages, plus qu’un souvenir.

Poussière demain, sous-titré « Les aventures d’Europe : de Zeus à l’UE », un ouvrage non pas sorti de la cuisse de Jupiter mais de l’outil scriptural très fécond de Pierre Yves Lador ! Il s’agit d’une somme, quasiment le couronnement de l’œuvre littéraire du grand PYM, de l’inaltérable et du magistral auteur qui, de ses hauteurs, nous délivre sa weltanschauung. Le monde, l’infini stellaire, l’humour, quelques-uns et moi-même vraisemblablement, dans le personnage de Frédéric le catholique se retrouvent au fil des 354 pages du joli volume des Editions Morattel. Si notre auteur avait quelques velléités à se lancer dans une carrière de gourou, son Poussière demain - ou une cosmogonie à l’usage des contemporains et des générations futures - ferait un récit prophétique et révélatoire tout ce qu’il y a de plus crédible. On y trouve tout ce qui peut concerner la nourriture spirituelle mais, de plus, la nourriture physique ! Lador a la précision de l’artisan horloger pour évoquer le menu de dîner et goûter, une cuisine magique, propre à accompagner de roboratives conversations philosophiques en mine de rien Et vous vous languirez de connaître bientôt les vertus gustatives de l’impératoire (en tarte).

dimanche, septembre 09, 2018

Introduction à l'histoire (vaudoise, suisse, etc.)


A quoi sert l’histoire ?

L’instant présent n’est pas issu d’une succession de hasards, d’incidents plus ou moins prévisibles ou de coups de chance. Soit, le hasard a sa place dans l’histoire mais l’époque dans laquelle nous vivons est le résultat d’une succession d’événements, les uns emboîtés dans les autres à la manière d’un jeu de construction en perpétuelle évolution. Déclarer à propos de l’histoire que « ça ne m’intéresse pas » ou que « ça ne sert à rien » est aussi idiot que de ne pas vouloir se servir de ses deux yeux. L’être humain s’inscrit dans un plan géographique et dans un plan historique. Ne pas connaître l’histoire revient à avancer dans une rue, dans une ville sans avoir aucune notion d’où l’on se trouve. L’histoire sert donc à s’orienter dans le temps.

Comment raconter l’histoire ?

Le récit de l’histoire n’est pas neutre. Cette neutralité est un mythe véhiculé par les livres d’histoire officiels, à croire qu’il existe UNE HISTOIRE. En fait, l’histoire dépend étroitement du point de vue de celui qui la raconte. On peut dire qu’il s’agit d’une manipulation mais il s’agit avant tout des choix moraux des historiens qui étudient les événements et les interprètent selon leur regard, leur conviction. Le récit de l’histoire est honnête lorsque son auteur explique sous quel angle il a étudié son sujet, quelles sont ses convictions et, surtout, il doit assumer son texte en le signant.

A chaque grande évolution de notre société, nous pouvons réécrire l’histoire dans son entier. Notre morale a changé, notre vision du monde aussi. Parfois, des découvertes archéologiques viennent contredire ce que l’on considérait comme une vérité éternelle. Pendant longtemps, par exemple, on a cru que les constructeurs des pyramides étaient des esclaves. Faux, des fouilles sur le plateau de Gizeh ont prouvé que les ouvriers étaient fort bien traités, bien nourris et salariés. Un Egyptien ne pouvait refuser d’aller travailler sur les chantiers de pharaon, c’était une sorte de conscription.

Un autre exemple, Philippe d’Orléans, Régent de France. A la mort de Louis XIV, son successeur, Louis XV, n’avait que cinq ans. On désigna Philippe son cousin régent jusqu’à la majorité du roi. Cela veut dire que Philippe d’Orléans était une sorte de roi temporaire. Cet homme était ce que l’on nomme un « viveur », il aimait la fête et la vie libertine. Il a tenté de mener plusieurs réformes, invention de la bourse, introduction du papier monnaie en France, etc. C’était un homme intelligent et avisé. L’histoire a retenu de lui un portrait très contrasté. A la fin du XIXème siècle, on le considérait comme un précurseur, au début du XXème comme un débauché et, de nos jours, on considère qu’il n’avait pas une vie très réglée mais que ses réformes économiques étaient bonnes mêmes si elles n’ont pas toujours abouti. Vous voyez qu’une même personne, que les mêmes actions peuvent être jugées tour à tour de manière positive ou négative.

L’histoire, une construction (souvent) artificielle.

Le récit de l’histoire est devenu, dès le mi-XIXème siècle, un enjeu des politiques nationales. Les pays tels que nous les connaissons aujourd'hui sont souvent l’agglomération d’Etats plus petits, plus anciens ou de territoires conquis, pris aux Etats voisins. De ce fait, toutes les nations ont intérêt à raconter leur histoire sous l’angle d’une unité immémoriale. On raconte une version de l’histoire qui tend à prouver que chaque pays existait depuis l’antiquité. En France, on cultive l’idée que la Gaule faisait un Etat homogène qui, petit à petit, deviendra le pays que nous connaissons. Pareil pour l’Italie, l’Espagne, etc. Ce n’est pas faux en soi, c’est une sorte de manipulation qui permet de se faire une idée générale de l’histoire d’un pays. Ce serait beaucoup trop compliqué de connaître tous les aléas de la formation d’un Etat. Le plus simple et le plus juste serait de connaître les grandes lignes de l’histoire régionale, nationale et internationale. Pour reprendre l’image du premier paragraphe de cette introduction, vous connaissez parfaitement bien la rue dans laquelle vous vivez, bien la ville dans laquelle vous vivez, assez bien le pays dans lequel vous vivez et plus ou moins bien le reste du monde. L’histoire procède de la même manière.

L’histoire suisse, un cas particulier ?

La Suisse est formée de 26 cantons, fonctionnant chacun comme un petit Etat. La Suisse n’est pas tout à fait une exception sur ce plan-là.  Chaque pays est composé de sous-ensembles plus ou moins autonomes. L’Espagne est organisée en provinces autonomes qui cultivent des différences culturelles et/ou linguistiques comme la Catalogne par exemple. L’Allemagne est divisée en Länder, ces derniers étant la survivance de nombreux royaumes indépendants plus anciens comme la Bavière par exemple. La France en tant qu’entité politique centralisée s’est construite dès le Vème siècle, à partir du règne de Clovis, le premier roi des Francs. Cette construction va se poursuivre jusqu’au XIXème siècle lorsque la Haute-Savoie va être cédée par le roi d’Italie à Napoléon III, le dernier empereur français.

Quant à la Suisse, elle n’est devenue un véritable Etat organisé que de manière très tardive, après une guerre civile, la guerre du Sonderbund qui eut  lieu en 1847 et dura trois semaines. Cette guerre doit être regardée comme un cri de détresse de la part de petits cantons ruraux catholiques (UR, SZ, NW/OW, LU, ZG, FR, VS) qui ne se sentaient pas reconnus par les riches cantons urbains et protestants. Après cette guerre, la Suisse proclama sa première vraie constitution, se dota d’une capitale (Berne), d’un tribunal fédéral, d’une école polytechnique et « s’inventa » une histoire. C’est-à-dire que cette nouvelle Suisse fédérale choisit parmi l’histoire de ses cantons les éléments les plus marquants et les plus consensuels. On transforma quelques mythes en vérité historique incontestable et on minimisa les anciens antagonismes entre cantons. Par exemple, le pacte du Grütli de 1291 est, selon certains experts, une copie du Moyen-âge d’un original disparu et certainement moins éclatant. Ce pacte proclamait une alliance défensive entre les cantons d’Uri, Schwyz et Unterwald qui se considéraient très différents les uns des autres. A l’époque, ces trois cantons ne défendaient aucun idéal de liberté ou de démocratie. Cette interprétation date de 1848.

Cette pratique à la limite de la manipulation perdure encore aujourd’hui dans les livres d’histoire suisse à caractère scolaire. Toutefois, ce genre consensuel a ses limites.

Dans « Histoire suisse », édition LEP, page 31, sous le paragraphe consacré aux deux guerres de Kappel, on peut lire le paragraphe suivant :

• 1531- Un véritable affrontement a lieu deux ans après au même endroit (Kappel).  Zwingli veut réformer toute la Confédération mais, isolés militairement, les Zurichois ne peuvent prendre que des mesures économiques en fermant leurs marchés aux cantons catholiques. Ceux-ci réagissent en écrasant les Zurichois à Kappel. Zwingli meurt dans la bataille.


Apparemment, ce texte semble clair et cohérent. Toutefois, il traduit d’une manière diplomatique une réalité historique un peu dérangeante, c’est-à-dire la volonté hégémonique de Zürich sur ses voisins en se servant de la foi protestante comme justificatif. Faisons de l’analyse de texte. A la fin de la première ligne, on nous dit que Zwingli, un pasteur réformateur zurichois, veut imposer la Réforme dans toute la Confédération. Lorsqu’on est un homme de religion et que l’on veut convaincre son auditoire en matière de foi, on le fait par des arguments. A la deuxième ligne, le texte nous dit que « les Zurichois sont isolés militairement ». Etrange ! Nous parlions de religion. Depuis quand faut-il des troupes pour évangéliser ? Et dernier hiatus, lignes deux et trois, il est dit que « Ceux-ci (les Zurichois) ne peuvent prendre que des mesures économiques » pénalisant les cantons catholiques. On voit ici où voulait vraiment en venir Zürich : imposer sa domination économique sur ses voisins. Zürich finit par être battu par les cantons catholiques qui témoignent en dépit de leur victoire de leur forte dépendance économique à leur « ennemi ». 

L’histoire vaudoise, un cas particulier ?


Avant que vous ne passiez à l’étude de la Révolution vaudoise, sujet assez peu consensuel et, donc, traité de manière relativement succincte dans les livres d’histoire officielle, il est nécessaire de connaître les grandes lignes de l’histoire suisse de 1517 à 1798. Vous pouvez vous référer au livre d’ « Histoire suisse », édition LEP, illustré par Mix et Remix, pages 30 à 39. Même si les faits historiques y sont interprétés d’une manière que l’on peut discuter, voire contester, les faits relatés restent exacts. Il me semble toutefois  que l’on ait « oublié » deux ou trois choses. A aucun moment, on n’explique que le Pays de Vaud fut envahi par les troupes bernoises sans autre raison que de le soumettre et en exploiter les riches ressources. A aucun moment, on n’explique que les Bernois, aidés des confédérés, vont chasser les prêtres catholiques et les religieux catholiques du canton, piller les églises, fermer et détruire les cloîtres et les monastères et imposer par les armes le protestantisme. Nulle  part, on ne raconte que les Vaudois furent privés de leurs droits civiques, qu’il leur fut interdit de pratiquer leur folklore, de porter de la dentelle, des bijoux et, même, de se marier sans le consentement de l’autorité bernoise. Ces faits sont pourtant historiques même s’ils peuvent être regardés comme trop critiques envers Berne et ses alliés. Il ne faut pas oublier que les tensions entre cantons étaient très importantes jusqu’en 1848. Il en existe encore aujourd’hui mais chacun a appris à en minimiser la portée. C’est peut-être une raison pour laquelle on ne présente jamais l’histoire suisse que sous un angle très consensuel.


drapeau vaudois
La Révolution vaudoise, élément précurseur du renouveau suisse

14 juillet 1789, date que l’histoire a retenue comme étant le début de la Révolution française ! En fait, il s’agit de la prise de la Bastille, prison royale dans laquelle le roi de France pouvait faire enfermer qui il voulait sans autres formes de procès. On parle d’un symbole de l’absolutisme. Absolutisme ? Oui, il s’agit du système politique qui avait cours dans quasiment toute l’Europe, y compris en Suisse dans une forme un peu spéciale. En substance, le pouvoir politique ne s’appuie pas sur la volonté populaire mais sur la volonté divine, sur l’Eglise tant catholique que protestante. Si le roi règne, c’est que Dieu lui a confié la direction de son peuple, du pays. Dans le canton de Vaud, les représentants du pouvoir bernois que la population vaudoise devait appeler « Leurs Excellences de Berne » prétendaient aussi diriger le canton de Vaud selon la volonté de Dieu.

La Révolution française va ébranler toute l’Europe. Le système va s’emballer et sombrer dans les pires excès (La Terreur). Un homme va s’imposer en France dès 1795 (période du Directoire), il s’agit de Napoléon Bonaparte. Il se fera connaître en tant que brillant général révolutionnaire avant de devenir un homme politique incontournable. A la fin du XVIIIème siècle, la France donne le ton. Il s’agit de la plus grande puissance européenne continentale. Lorsqu’on toussote à Paris, c’est un séisme dans les capitales étrangères.

Or, en 1789, le précepteur des grands-ducs Alexandre et Constantin, petits-fils de la grande Catherine, impératrice de toutes les Russies, reçoit la nouvelle de la prise de la Bastille. Il ne cache pas son enthousiasme et voit dans cet événement la promesse de la libération de son propre pays, occupé par une oligarchie autocratique. Cet homme se nomme Frédéric-César de la Harpe (1754-1838), sa patrie est le Pays de Vaud occupé depuis 1536 par Leurs Excellences de Berne. Les Bernois ont obtenu la domination du Pays de Vaud par conquête militaire. Les Vaudois étaient des citoyens de seconde zone vis-à-vis des Bernois. Privée de certains droits fondamentaux (liberté de pratiquer sa religion, son folklore, liberté de se marier) la population ne vivait pas dans la misère mais elle n’était pas libre. Il était interdit à ses élites d’accéder aux postes à responsabilité de la République de Berne. Il y avait donc une inégalité de traitement. C’est la raison pour laquelle Frédéric-César de la Harpe avait quitté la Suisse. Il était pourtant avocat et plaidait les affaires en appel à Berne.


Depuis la cour de Russie à Saint-Petersbourg, Frédéric-César de la Harpe écrivit des pamphlets contre la domination bernoise en terres vaudoises qui circulèrent dans la presse européenne. Il rédigea aussi des  pétitions à l’adresse de ses concitoyens vaudois, exhortant les autorités bernoises à accorder une égalité de traitement entre Bernois et Vaudois. Leurs Excellences de Berne n’en furent pas très heureuses et se plaignirent auprès de la grande Catherine. Cette dernière ne renvoya pas le bouillant précepteur de ses petits-fils, elle l’appréciait énormément. Elle le pria de se tenir à l’écart de la chose politique vaudoise, ce qu’il fit. Toutefois, sa réputation de révolutionnaire força l’impératrice à se séparer de ce précieux pédagogue. La Harpe rentra en Suisse, à Genthod, sur le territoire genevois où il acquit un domaine. Il ne pouvait résider en terre vaudoise sous peine d’être arrêté par l’occupant bernois.

Alors qu’il ne comptait se consacrer qu’aux techniques agronomiques modernes, à la lecture et à une vie paisible auprès de son épouse Dorothée, le hasard mit La Harpe en contact avec le général Bonaparte. Sur l’un des flancs de l’Arc de Triomphe, à Paris, on peut lire le nom d’Amédée de la Harpe, général mort durant les guerres d’Italie. Cet homme se trouve être le cousin de Frédéric-César de la Harpe. A sa mort, il laissa une veuve et des orphelins fort démunis en terre vaudoise lorsque l’autorité bernoise saisit les biens de feu le général. Impossible à sa veuve d’aller demander un soutien quelconque du gouvernement français, on ne l’aurait certainement  pas laissée rentrer sur le territoire vaudois. Elle pria donc son cousin d’aller plaider sa cause auprès du général Bonaparte qui tenait Amédée de la Harpe en haute estime. Non seulement, Napoléon fit verser une rente à la veuve de feu son ami le général Amédée de la Harpe mais il retint auprès de lui Frédéric-César de la Harpe qui en profita pour plaider la cause du pays de Vaud.

Le gouvernement bernois reçut un ultimatum du Directoire français : Berne devait quitter le territoire vaudois sous peine de représailles françaises. Le 24 janvier 1798 fut proclamée l’indépendance vaudoise. Laharpe (dès lors Frédéric-César de la Harpe orthographia ainsi son patronyme) avait gagné ! Le pays de Vaud était libre. Les troupes françaises trouvèrent tout de même un prétexte pour pénétrer le territoire helvétique.

La révolution se répandit à travers tout le pays. Bonaparte voulait, en sus de ses motivations idéologiques, s’assurer le contrôle des cols alpins et les ressources du pays. Il organisa la Suisse en un Etat moderne et centralisé. Toutefois, cette organisation ne convint pas aux cantons trop accoutumés à une grande indépendance les uns par rapport aux autres. Bonaparte donna encore à la Suisse (nommée alors République Helvétique) sa première constitution fédérale : l’Acte de médiation. La Suisse retrouva alors une certaine paix, une unité et une cohésion qu’elle n’avait encore jamais connue mais n’en demeura pas moins un Etat satellite de la France (voir pp. 44-45 du livre d’Histoire Suisse Mix & Remix).



Epilogue : après la chute de Bonaparte en 1815, devenu entre temps empereur des Français, la Suisse faillit disparaître. Genève et le Valais auraient été cédés à la France, le pays de Vaud et l’Argovie seraient à nouveau passés sous domination bernoise et tous les autres cantons souverains suisses auraient été agrégés à la Confédération germanique. Alors que l’Angleterre, la Prusse, l’Autriche et la France (à nouveau dirigée par un roi de la famille des Bourbons) s’étaient mises d’accord sur l’avenir de la Suisse, Laharpe sauva l’unité du pays par la voix de son ancien élève le grand-duc Alexandre, devenu le tsar Alexandre Ier. Ce dernier était considéré par les coalisés (pays cités ci-dessus) et la royauté restaurée en France comme le grand vainqueur de Napoléon Ier. Le tsar Alexandre exigea donc le respect des frontières nationales suisses, ainsi que l’indépendance du canton de Vaud et du canton d’Argovie par rapport à Berne.

jeudi, août 09, 2018

"Parcours" de Jacques Dubochet


Nous ne sommes pas du même bord politique, nous n’intervenons pas forcément sur les mêmes points au Conseil Communal mais c’est avec un plaisir sincère que j’ai officiellement salué notre prix Nobel au début de notre séance du mercredi 6 décembre 2017. J’ai, par la suite, eu le plaisir encore plus grand de le voir vêtu d’un frac ! Habituellement, notre homme donne plutôt dans le look père Noël en chemise hawaïenne. Cela m’a beaucoup touché qu’il m’offre un exemplaire de « Parcours », son essai autobiographique scientifique fourre-tout. Le texte est sympa, comme l’auteur, échevelé, comme souvent l’auteur, drôle, pertinent, optimiste, toujours comme l’auteur et, indépendamment de la volonté de l’auteur, un rien aveugle sur certaines choses. On mettra ça sur le compte de l’optimisme.

Jacques Dubochet est un excellent vulgarisateur, il s’intéresse à plus d’un domaine hors de sa zone de confort, il fait l’effort de débrouiller ce qui lui paraît obscur et, du coup, devient à son tour une référence ressource pour ses lecteurs. L’éthique dans les sciences, la génétique, le changement climatique sont des sujets à propos desquels notre illustre Morgien réfléchit, beaucoup, et construit une opinion personnelle argumentée à valeur universelle. L’auteur possède son style fait de ruptures, d’humour, d’à-coups et d’une syntaxe décontractée ; c’est une voix et on aimerait l’écouter encore plus longuement dans ses recensions scientifiques, ça ferait une excellente rubrique dans la presse locale – pour une fois que l’on y lirait quelque chose d’intelligent qui ne chlipote pas la plus grossière des manœuvres politiques – bref, ce serait faire œuvre d’éveil public.

« Parcours » traite aussi du … parcours de son auteur. Ce dernier l’admet, il a eu de la chance, c’est toujours une grande chance de naître dans une famille éduquée, sensée, sans problème financier… Ça vous change la perspective. Jacques Dubochet  a même réussi à faire de sa dyslexie un atout, il l’avoue. Il a eu la chance d’être « tombé » sur les bons enseignants. J’en connais qui, grandis dans des clapiers moisis, quartier de prolos, n’ont fréquenté que les écoles primaires et secondaires de prolos avec, il va sans dire, l’enseignement assorti et qui n’ont jamais pu jouer de l’excuse avérée ou non d’une dys-je-ne-sais-trop-quoi-ie. Personnellement, j’ai découvert il y a peu que j’étais dysorthographique si ce n’est dyslexique ce qui expliquerait pas mal de choses. Enfin, les prolos qui n’ont pas de chance, les HLM de lapins et l’éducation publique à l’avenant, ce n’est pas chez nous, ce n’est pas à Morges, ça se saurait … Tenez, la preuve, même sans avoir été correctement diagnostiqué j’ai réussi à devenir président du Conseil Communal. Bref, les chats ne font pas de chiens et les socialistes ne font pas d’UDC.

Revenons à l’angle mort, une certaine vision d’une réforme écologique qui se trompe d’étage. Oui, les histoires d’empreinte carbone, de surconsommation des ressources, de développement durable et autres sont de première importance mais il faut regarder le problème dans son ensemble avec un rien de distance. Le climat a toujours changé, l’activité humaine n’est qu’un facteur, aggravant diront certains, l’historien vous dit qu’il y a des cycles et que chaque problème appelle une solution, et le problème, en l’occurrence, s’appelle surpopulation ! Pour revenir aux susmentionnés lapins, il faudrait peut-être arrêter de se multiplier. Quelle est l’empreinte carbone de chaque nouvelle vie ? Il faut que le consommateur soit responsable et pourquoi cette exigence de responsabilité ne s’étend-elle pas aux géniteurs/trices ? Notre économie saurait très bien faire avec une main d’œuvre de robots pour une production durable de qualité destinée à une population appelée à diminuer à terme. Evidemment, ça ne fait pas le jeu de la finance, de ses promesses à courte visée et de son modèle basé sur une croissance perpétuelle. Il faut rompre avec la pression sociale qui veut qu’une vie de couple aboutie donne du fruit, une descendance ! Et si vous tenez absolument à transmettre votre nom, adoptez, il y a bien assez d’orphelins malheureux dans les pays en voie de développement. Ce droit impérieux à « avoir des enfants » à tout prix se fait au détriment de notre avenir commun. 7,55 milliards d’individus humains sur terre au 1er juillet 2017 ! Je n’ose imaginer à combien s’élève ce chiffre aujourd’hui. Pour qu’un individu humain puisse devenir un être humain, il a besoin de minimas : attention, éducation, espace, projets, avenir. Sans cela, on oscille entre le bout de viande et la machine, une machine en viande, berk.

« Parcours » ou un chemin de réflexion pour son lecteur.