mercredi, janvier 01, 2014

Das Neujahrskonzert der Wienerphilarmoniker 2014

Il fait beau sur Vienne, Musik Verein, année du centenaire, 2014, 1er janvier. Juste un peu trop tôt, comme chaque année. Étrange tradition néo-sissiesque, post-sécessionniste (rapport au mouvement artistique), charmante, désuète et si « trendy » depuis quelques dix ans, le Concert de Nouvel An me renvoie à des souvenirs d’enfance ; le déjeuner chez mes grands-parents, jarrets de veau au menu, c’était toujours ainsi. Comme le concert ou le défilement des ans : une sorte de mouvement perpétuel.

Depuis, j’ai investi le mythe, l’ai enrichi de la suite des Sissi, de quelques séquences d’histoire, de ma découverte de Berlin, d’une histoire malheureuse à Vienne, de mes lectures de Thomas Mann, Thomas Bernhard, Sigfried Lens, von Keyserling … mes lettres germaniques. Cet attachement personnel et général pour un évènement culturel finalement assez province – il ne s’agit pas de jouer des pièces de Wagner ni de Schönberg mais uniquement du ploum-ploum tralala dirigé par un copain de l’orchestre – cet évènement, donc, ne peut s’expliquer dans la durée que par la volonté de recoller ce qui a été brisé, « racommoder » une pièce de porcelaine, avec mortier et pose d’agrafe.

Août 1914, un bel été certainement, et tout bascula … Nous avons pris la mauvaise voie, nous, l’Europe, nos « prédécesseurs ». Avec la paix, ils brisèrent, tout espoir d’un XXème (et d’un XXIème ?) siècle harmonieux, progressiste, vertueux. Étonnant qu’après l’Anschluss, parmi les bruits insistants de bottes, le Wiener Philarmoniker eût l’idée d’organiser un tel concert de musique légère, c’était le 30 décembre 1939. Le rappel insistant de ce que l’on avait perdu il y avait un peu plus de vingt ans (la débâcle de 18) ou une volonté d’inspirer le nouveau Reich ? Quoiqu’il en soit, la tradition traversa la guerre et, durant la guerre froide, connut même sa première diffusion télévisée.


Eurovision, cinquante pays « arrosés », même des pays d’Afrique subsaharienne : das Neujahrskonzert est devenu le symbole, le fétiche de notre bonne vie perdue, la lumière des César qui brille encore à défaut de nous éclairer. A quand le retour du Heiliges römisches Reich, vaste État responsable avec ses parlements locaux et sa légitimité plutôt que le diktat de Bruxelles ! Quand pourrons-nous céder, dans la confiance, à la suavité de cithare de la légende de la forêt viennoise ?

Aucun commentaire: