samedi, juin 22, 2013

Littera ex-machina


Participé à une performance, Littera ex-machina, des musiciens, entre acid jazz et Schönberg, de l’inspiration et la feuille blanche, sur une machine à écrire. Il ne reste plus qu’à taper puis lire le texte ou le faire lire par l’un ou l’autre des organisateurs. Le résultat de l’expérience suit, textes produits au débotté.
L’interpellation
Berlin, sur du vieux matos, et pour la seconde fois, étrange sensation, retour ou quoi d’autre ? Là où la mécanique retrouve une forme … une sorte de lyrisme sauvage et naturel, un mouvement répétitif et … répétitif. Comment commencer ? Pas moyen de revenir en arrière, narrer, retranscrire, raconter comme une trace indélébile.

Tout aurait pu commencer comme ça, en pure mine de rien, la petite musique de la banalité. Comment ça allait déjà ? Il fallait suivre son idée, la transcrire dans un code pratique, paraît-il, puis la facture de la chose, du quasi fait main, avec des menus incidents et des « ding », en fin de course. Ça fait penser à du Sagan, ne manque plus que le cabriolet pour conduire pieds nus et boire, trop boire. Tant pis pour les coquilles, il n’y a plus qu’à les assumer, il restera toujours des preuves. Le bruit, le martèlement industrieux évoque pourtant une société performante et cadrée. Le joli mythe de « tout roule comme il faut ». Il suffira de regarder au fond de la corbeille, trouver la preuve, toutes les grandes énigmes se résolvent par la poubelle.

Berlin su du vieux matos, ou Bordeaux, Barcelone, Bienne, de préférence une ville en B, c’est ainsi, l’une des règle du mythe. Tant pis aussi pour les villes en L, M ou P, Berlin comme jamais, sous les gravats des projections imaginaires et fantasmatiques. C’est toujours mieux sur du vieux matos.

 
La galeriste
Second flush, avec style, c’est quasi du velours, le thé de qualité a beaucoup d’accointance avec le très bon vin. Pour reprendre le fil du récit, ça devait se passer en 81, après l’élection de Mitterrand, ce devait être un soir d’été, une soirée odorante, pleine du cri des martinets et encore plus pleine de promesses. Il s’appelait Steeve, et elle n’avait pas de nom. Il faisait doux, une haleine quasi humaine soufflait sur la ville et ses faubourgs, il fumait au balcon. C’est si bon de fumer ; elle ne fumait pas, les filles de bonne famille, les filles qui ont le souci de leur éducation ne fument pas. Elles lisent « Adrienne Mesurat » avec un effroi contenu. Mitterrand était-il lecteur de Julien Green ? Il avait sûrement dû lire « Chaque Homme dans sa nuit ». Pour revenir à cette soirée de 81, l’été et pourquoi pas l’amour ?

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