
J’en ai eu l’envie … simplement effacer mon profil, effacer ce journal en ligne … Les moines effacent bien les mandalas patiemment tracés d’un geste négligeant. La seule idée de fuir ainsi m’a retenu : je passe pour être inconstant. Hier, j’ai dressé un bref état des lieux, voir où en était la promotion de mon roman, le suivi de mes diverses activités d’écriture … mes partenaires s’en foutent, ils ont d’autres choses à faire, je suis une toquade, une originalité, un p’tit quelque chose de sympa dans le décor. Je n’ai donc plus de raison particulière de « tenir blog », comme on tenait salon autour d’une opinion, d’un nouveau style. Ma prose restera toujours le fait d’un « pédé lettré », vite caricaturé, pas lu et hop ! Et je manque cruellement de gravité grave, ça ne fait pas sérieux cet optimisme en acier trempé, cette quiétude, cette paix intérieure doublée de gourmandise et de sensualité. Quelle inconvenance ! Orlando me l’a encore dit lundi, non pas que j’étais inconvenant mais que je prenais toujours le positif de n’importe quelle situation, sur un ton de gentil reproche. C’est donc une tare. Rajoutez à cela le fait que je n’ai fichtrement pas envie de jouer à chat, de chercher midi à quatorze heures, bref de ne pas vouloir entrer en matière avec les manipulateurs du dimanche … Je ne suis pas drôle … et j’ai le culot de ne jamais m’ennuyer.
Je n’ai qu’une vieille liberté à opposer à cela, un pauvre accessoire un peu éraflé et cabossé par tous ceux à qui j’ai voulu la prêter… Je préférais jouer à Carrie Bradshaw, j’aimais bien sa conception si claire du monde, son attachement à l’amitié et sa recherche quasi sacrée de l’amour. Tant pis, il ne s’agit que d’un habillage ; si ce n’est plus Carrie, ce sera un bienheureux quelconque… Le stratus bas clôt ciel et horizon, le printemps n’est pas pour demain, je me souviens d’une après-midi semblable, il y a deux ans de cela, les bras d’un garçon, la douceur de son regard, sa main quasi timide. J’étais à bout – il faudra que je vous parle de la torture blanche de la haute école pédagogique – aucun horizon ne semblait s’ouvrir à moi. Cet autre était là, avec du soleil à l’intérieur … On ne vit jamais que la vie que l’on se fait.
Je n’ai qu’une vieille liberté à opposer à cela, un pauvre accessoire un peu éraflé et cabossé par tous ceux à qui j’ai voulu la prêter… Je préférais jouer à Carrie Bradshaw, j’aimais bien sa conception si claire du monde, son attachement à l’amitié et sa recherche quasi sacrée de l’amour. Tant pis, il ne s’agit que d’un habillage ; si ce n’est plus Carrie, ce sera un bienheureux quelconque… Le stratus bas clôt ciel et horizon, le printemps n’est pas pour demain, je me souviens d’une après-midi semblable, il y a deux ans de cela, les bras d’un garçon, la douceur de son regard, sa main quasi timide. J’étais à bout – il faudra que je vous parle de la torture blanche de la haute école pédagogique – aucun horizon ne semblait s’ouvrir à moi. Cet autre était là, avec du soleil à l’intérieur … On ne vit jamais que la vie que l’on se fait.
1 commentaire:
Carrie Bradshaw ou Lorelei Lee (in Anita Loos, « Gentlemen Prefer Blondes », 1925) ?
Je sais au combien le positivisme (ou optimisme) prive son auteur de crédibilité. C’est une force de la nature. Le pessimisme est le bon sens, l’optimiste un rêveur, au mieux un utopiste. Mais n’est-ce pas la politesse du désespoir que de rire de tout, et de s’amuser en lieu et place de s’ennuyer. Les infinis extrêmes se rejoignent dans un tumulte étranger à la plupart des mortels (cf. Pier Paolo Pasolini, « Salò o le 120 giornate di Sodoma », 1975).
On ris, on pleure, on délire à la gloire de ce philosophe grec, Epicure, qui fût jeté aux oubliettes de l’histoire pour ne laisser que l’image d’un macho qui fume un gros cigare et un bon verre de XO… Viva Drag Kings ! Les caricatures sont les images miroirs d’un inconscient collectif si refoulé que leur second reflets, déformés enfin chez les « Artistes», reflets monstrueux, mais plus justes, car honnêtes, dérangent au plus profond le cochon, le « bien-pensant ».
FreVall veut imploser le blog, la révolution est en marche, Macho Marx, ses théories à la noix, à la crème, aux pommes, aux bigarreaux confits, au céleri râpé (n.b. : la recette de la salade Waldorf Astoria, 1920’s) & ses Pussy Cats ne sont jamais très loin.
Tendrely yours,
M*M*
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